Crise politique au Brésil – L’empeachment de Dilma au service de l’offensive réactionnaire avance au Parlement

23 avril 2016

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Il faut construire une grève générale contre l’ajustement, pour imposer des élections générales et une Assemblée Constituante Démocratique et Souveraine

Tous les mouvements pris par le gouvernement pour attirer des alliés, en proposant des postes au gouvernement, n’ont pas été suffisantes pour empêcher que, dimanche 17 avril, le rapport favorable à l’ouverture du jugement politique contre Dilma pour des crimes de responsabilité, a été approuvé à la Chambre des députés avec 367 voix pour (342 votes étaient nécessaires pour la mise en marche de l’impeachment).

Par la suite, le rapport sera examiné par un comité élu au Sénat, qui aura un temps d’environ 10 séances pour voter une expertise qui sera soumise à l’évaluation en séance plénière du Sénat; une fois admis par la majorité simple (41 sénateurs) Dilma sera écarté du pouvoir et le procès aura lieu dans un période maximum de 180 jours. La majorité des analystes indiquent que si les tendances actuelles se maintiennent, le gouvernement n’aura pas assez de voix au Sénat pour éviter que Rousseff ne soit jugée et que son mandat prenne fin.

La défaite du gouvernement à la Chambre des Députés n’a pas été un coup de tonnerre  dans un ciel serein. Ces dernières semaines, à cause des dénonciations que Dilma était au courant du réseau  de corruption à Petrobras, faites par Delcídio Amaral (ancien chef du gouvernement au Sénat) ; la poursuite pénale à Lula par la Police Fédérale et le fait que la Cour Suprême a repoussé sa décision sur l’entrée de Lula au gouvernement en tant que Chef de Cabinet ; et l’éloignement du PMDB du gouvernement, le résultat des événements politiques et économiques ont été totalement défavorables au gouvernement.

Le gouvernement perd tout soutien politique

Les manœuvres de dernière minute consistant dans l’achat de votes pour tenter d’atteindre le nombre de 172 députés nécessaires pour empêcher le début du processus d’impeachment, n’ont pas suffi pour contenir l’offensive réactionnaire dans le Congrès National, qui fait partie d’une offensive générale pour remplacer Dilma par un gouvernement néolibéral qui soit capable de mener  mesures encore plus fortes de l’ajustement néolibéral qui est déjà en cours.

La question soulevée par l’opposition de droite, qui prétend que Rousseff a commis des « crimes de responsabilité fiscale » n’est qu’un écran de fumée. Les décrets pour autoriser des prêts au gouvernement ou les « bicyclettes fiscales » dans le premier mandat présidentiel sont des actions aussi réalisées par tous les gouvernements précédents et ne constituent pas en elles-mêmes des preuves pour valider juridiquement le jugement politique.

Au fond, ce qui a permis la défaite du gouvernement lors du vote d’hier est que Dilma est au milieu d’une crise économique de proportions historiques – sans doute la plus profonde crise économique brésilienne depuis 1929 – elle a perdu le soutien de toutes les factions de la classe dirigeante et de la grande majorité de la population active qui, par ailleurs, est la grande victime des politiques néo-libérales menées par Rousseff dans son second mandat.

Étant donné que la thèse du crime de responsabilité est fragile et que l’opposition de droite n’a aucune légitimité politique, la balance s’est incliné contre le gouvernement en raison de sa perte de soutien, qui se reflète directement dans les manifestations de rue dans lesquelles, malgré avoir montré une capacité à mobiliser sous le discours de vaincre le  « coup d’Etat », le gouvernement a toujours mobilisé moins de gens que la droite, même le dimanche dernier.

Pour contrecarrer la défaite imminente dans le Sénat, ce qui se traduira dans l’écartement du pouvoir de Dilma à partir du vote de destitution à la Chambre des députés, le gouvernement devrait s’appuyer sur une mobilisation importante de la classe ouvrière, avec des mobilisations plus massives que celles de la droite, comme une grève générale ou une action radicale en sa défense.

Ce ne sera pas le cas, parce que même si la classe ouvrière et les jeunes militants étaient d’accord avec l’action radicale en défense de Dilma, étant donnée que le gouvernement a pris la décision de mener des ajustements impopulaires depuis le début de son second mandat, la bureaucratie de Lula devrait changer totalement de stratégie et être prête à rompre avec l’impérialisme et le capital financier, tournant qui semble très difficile de se produire, y compris si nous étions vraiment face à une menace de coup d’Etat comme le gouvernement veut nous faire croire.

Nous ne devons pas oublier que nous parlons d’une caste bureaucratique riche, opposée à toute manifestation de radicalisation indépendante des travailleurs , et que dans le contexte de la crise économique ne peut offrir même pas des miettes; au contraire, les petites améliorations dans les conditions de vie et économiques de ces dernières années seront perdues complètement.

La crise organique dans laquelle nous vivons et la reprise de la lutte des classes plus directe qui en découle, met les choses au claire; c’est-à-dire, il montre parfaitement que le PT,  Dilma ou Lula, a été une faillite du point de vue de leur capacité à catalyser la lutte des travailleurs, même si leur destin politique en dépend.

La farce du processus d’impeachment avec la faillite historique de ce qui était la représentation des travailleurs pendant les dernières décennies pose une situation dramatique pour la classe ouvrière, car face à l’offensive réactionnaire elle n’a pas une alternative accorde à ses nécessités politiques. Donc la question de la construction d’une alternative politique est une question qui deviendra centrale de façon de plus en plus incontestable dans la prochaine période.

Il faut se préparer pour la guerre

A partir de la recevabilité de l’accusation déjà voté par la Chambre des Députés, dans environ un mois pourrait commencer l’ouverture effective de la procédure de destitution. L’ouverture du processus exige la suspension de Dilma pendant 180 jours jusqu’à la fin du processus ; à partir de là, la présidence de Temer (PMDB) commencerait.

La mise en place de la nouvelle coalition au pouvoir est sur le bon chemin et le gouvernement de Temer aura un profil ouvertement conservateur. Il y a un an le PMDB a publié un document intitulé « Pont vers l’avenir », qui a comme un principe de base, face à la crise économique, un programme néolibéral de ligne dure qui prévoit, entre autres maux, d’augmenter l’âge de départ à la retraite, la mise en place de tarifications dans Système Unique de Santé, la diminution des budgets de Santé et d’Education, et la précarisation généralisée des travailleurs.

Même avant d’assumer, Temer a « filtré » un audio qui cherche à « rassurer » les gens en disant qu’ils ne toucheront pas les programmes sociaux comme la Bolsa Familia. Les agents de l’offensive réactionnaire savent que Temer va assumer dans le contexte d’une crise politique qui pourrait s’aggraver et donner lieu à des troubles politiques graves ; un gouvernement qui assume avec une très faible popularité (dans une recherche récente sur les intentions de vote, en cas de se présenter à président Temer aurait 2 % d’intention) et un scénario économique difficile qui a tendance à restent comme cela pendant au moins encore deux ans.

Mais malgré cela, selon la logique de la classe dirigeante et ses partis, l’impeachment de Rousseff ne se justifie que si le futur gouvernement développe une stratégie visant à créer les conditions pour pousser les travailleurs jusqu’à la fin de cette crise et, par conséquent, il va concevoir des mesures qui peuvent commencer par exemple par des mesures comme le fait de s’octroyer plus de marge dans l’utilisation du budget fédéral, puisqu’elles ne semblent pas directement des mesures qui affectent les droits des travailleurs (une grosse erreur), afin de créer les conditions pour passer d’autres mesures réactionnaires.

C’est-à-dire, la perspective d’un gouvernement de Temer est nécessairement celle de l’unification de la classe dirigeante, les médias et ses partis afin de faire la guerre contre la classe ouvrière pour imposer des attaques brutales. Par conséquent, contrairement au gouvernement – et à une grande partie de la gauche- qui suggère que la solution politique est la continuité des ajustements néolibérales mais qui soient « plus humains », nous pensons que nous devons aussi nous préparer pour la guerre et créer les conditions politiques pour construire une issue des travailleurs.

Con el voto favorable a la destitución por la Cámara de Diputados, la situación política cambia de nuevo y demanda de la izquierda socialista hacer ajustes a nuestra orientación política. La posibilidad inminente de la suspensión del mandato de Dilma y la asunción de una coalición aún más conservadora, por decir lo menos, hace que sea necesario ponernos a discutir una salida política de hecho, una alternativa a los patrones en serio.

Avec le vote favorable à la destitution de la Chambre des députés, la situation politique change à nouveau et cela demande à gauche socialiste et révolutionnaire de réajuster notre orientation politique. La possibilité imminente de la suspension du mandat de Dilma et l’arrive au pouvoir d’une coalition encore plus conservatrice, pour dire le moins, fait que ce soit nécessaire de réfléchir à une solution politique de fait, une vrai alternative à celle patrons.

Il est nécessaire de dépasser la perspective de la direction majoritaire du PSOL qui, face à l’offensive réactionnaire, ne défend que le maintien de l’actuel gouvernement et aussi la possibilité que la solution politique immédiate ne viendra que de nouvelles élections générales, comme le PSTU er d’autres courants. Le spectacle d’horreur interprété par la majorité des membres du Congrès lors du vote sur l’impeachment montre entièrement que le système politique est dominé par ce qui est le plus destructif par la société –ce qui a choqué largement, du fait des scènes explicites d’opportunisme, de cynisme et de fascisme – doit être révolutionné aussi et mettre tous ces gens hors d’état de nuire.

Nous ne pouvons pas permettre que l’issue de cette crise politique, où tellement de choses se jouent, qui  menace à la classe ouvrière et à la jeunesse avec des reculs politiques et économiques historiques, reste dans la main de cette canaille parlementaire achetée par les capitalistes. Mais nous ne pouvons-nous pas non plus nous contenter d’appeler à des élections générales, comme le prétendent le PT et certains secteurs de la gauche révolutionnaire, parce que même si cette issue est plus progressiste que le processus d’impeachment mené par l’offensive réactionnaire de la bourgeoisie, des élections générales ne feraient que garder, dans toutes ses lignes et tous les acteurs, le système politique et économique tel qu’il l’est.

Il faut, avec des élections générales pour tous les postes éxecutifs, soumettre une proposition pour l’élection d’une Assemblée Constituante, Démocratique et Souveraine afin de transformer profondément le système. Par exemple, les travailleurs et les jeunes ensemble et dans les rues, doivent imposer l’appel à une Assemblée Nationale Constituante et Souveraine, qui non seulement reprenne les droits qui ont été enlevés, mais qui émerge également comme un pôle de direction politique, alors que jusqu’à maintenant ce ne sont que des fractions bourgeoises en lutte pour le pouvoir qui ont été dans le devant de la scène.

Nous devons mener une révolution pour changer de A à Z le système politique. C’est-à-dire, un processus qui exige de mettre fin au financement privé des campagnes, la mise en place de temps de parole égalitaire à la radio et de télévision, la fin de la chambre haute (Sénat), la révocabilité par les électeurs de tous les mandats parlementaires et exécutifs, limiter les rémunérations versées aux députés pour qu’ils soient à même hauteur que le salaire moyen travailleurs et une série d’autres mesures pour assurer la participation démocratique des masses dans les décisions politiques fondamentales.

Aucune transformation politique n’est possible sans une profonde transformation économique et sociale. Ainsi, outre un profond changement dans le système politique, cette Assemblée Constituante doit traiter les problèmes structurels, tels que la mise en œuvre immédiate de la réforme agraire et urbaine, la fin de l’utilisation de la plus grande partie du budget pour le paiement des intérêts de la dette extérieure, la stabilité dans l’emploi, un salaire minimum qui puisse effectivement suffire pour vivre dignement, le pourcentage de l’augmentation requise des dépenses de santé et d’éducation, le droit au mariage pour tous, le droit à l’avortement et toutes les autres méthodes contraceptives, la fin de la police militaire, parmi une série d’autres mesures.

Nous savons que pour imposer une issue comme celle-ci face à la crise politique est nécessaire de renverser les tendances offensives des patrons, de créer un processus de mobilisation qui implique l’unification des luttes contre les ajustements et de construire une grande grève générale pour exiger l’appel à de nouvelles élections générales et à une Assemblée constituante démocratique et souveraine. Mais avec les forces réduites et fragmentées de la gauche, n’arrivent aux masses que les propositions que présente le gouvernement ou l’opposition de droite : d’où la nécessité de construire immédiatement un Front de la Gauche Socialiste, indépendant du gouvernement et des patrons. Un exemple de ceci est ce qu’ont fait des secteurs de la gauche socialiste révolutionnaire à Rio de Janeiro et dans d’autres états, dans la perspective d’un rassemblement national de forces indépendantes des patrons et du gouvernement, des forces lutte de classe, contre l’ajustement économique, pour des élections générales et pour une Assemblée Constituante Démocratique et Souveraine.

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