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Une première approche au Mexique

25 avril 2016

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En préparant le débarquement du courant Socialisme ou Barbarie

Pour commencer à appliquer les décisions du dernier Congrès du Nouveau Parti Socialiste de Costa Rica, pour commencer la construction du courant Socialisme ou Barbarie au Mexique, nous avons y fait un premier voyage. Ce texte est une première réflexion sur la société mexicaine, sur les possibilités constructives de notre organisation – et de la gauche en général-, des réflexions et des annotations que, naturellement, nous devons continuer à approfondir et préciser pour avoir une compréhension rigoureuse et une construction politique dans la passionnante société  mexicaine.

Une idée générale du Mexique actuel.

La première impression que la société mexicaine donne est celle d’un géant endormi. Toute la puissance, la richesse culturelle et politique de cette société, se trouve actuellement dans un de ses moments les plus complexes.

Quand notre voyage finissait, le Congrès mexicain, en première discussion, a voté  faciliter l’instauration du régime d’exception  dans tout le territoire fédéral, ainsi que le droit de réprimer y compris avec une violence létale les attaques contre « l’ordre » dans l’État du Mexique.

C’est comme si la nuit néolibérale ne s’est jamais finie au Mexique, comme si depuis les années quatre-vingt-dix tout aurait suivi un cours de soumission de plus en plus grande au capitalisme mondial -centralement au capitalisme états-unien- et toutes ses implications sociales et politiques avaient des effets encore aujourd’hui : la désorganisation syndicale de la classe ouvrière, la fragmentation des alternatives socialistes et révolutionnaires en particulier, etc..

Il n’y a pas eu comparativement des gouvernements « progressistes » ou « socialistes du XXIe siècle » qui jouassent un rôle de contention contre le capitalisme néolibéral, ce qui montre comment le processus dans le pays est en retard par rapport à celui  des autres pays en  Amérique du Sud pendant la dernière décennie.

Les implications les plus profondes de cette implémentation radicale néolibérale ne sont pas seulement la violence dans des centres touristiques à cause de la présence du trafic de stupéfiants, qui existe aussi en Costa Rica, par exemple, mais avec la différence que le Mexique est beaucoup plus grand et par conséquent il y a plus de cas de violence. Il y a surtout la désorganisation qui semble régner à l’intérieur de la classe travailleuse mexicaine, à l’intérieur de l’activisme étudiant et à l’intérieur des organisations de gauche en général et  révolutionnaires en particulier.

Aujourd’hui l’historique Syndicat Mexicain d’Électriciens (SME) ainsi que quelques restes de la grève étudiante de 1999, se trouvent dans une situation profondément défensive, par exemple. En ce qui concerne les organisations de gauche, elles semblent suivre  d’une manière absolue l’orientation de l’EZLN, qui est utile à la bourgeoisie mexicaine… parce qu’il défend le renoncement de la politique, des problèmes globaux, laissant aux les affaires de l’ensemble. Ne pas se poser de prendre le pouvoir pour transformer le monde  n’est pas seulement profondément utopique, mais cela condamne à l’isolement aux communautés qui se auto-organisent. Mener une politique révolutionnaire est une nécessité en face du capitalisme et de l’État bourgeois, tâche qui inclut la nécessite de profiter des brèches de l’actuel régime, toujours dans la perspective de se battre pour le pouvoir, d’une nouvelle révolution politique et sociale.

De toute façon, malgré cette erreur significative de l’EZLN, il ne s’agit pas d’être sectaire avec les communautés qu’il représente. Nous devons étudier en profondeur le sujet, mais nous pensons que la bataille pour l’autodétermination des communautés que le zapatisme représente doit faire partie de la lutte des ouvriers, de paysans et d’autres secteurs populaires pour la révolution socialiste. C’est à partir de cette position stratégique qu’il faut avoir une politique.

Il est certain, en revenant à la question du parti, que les sentiments « antiparti » ne sont pas seulement une caractéristique imposée à l’avant-garde par le neozapatisme. C’est vrai que tout le système de partis bourgeois mexicains est l’expression d’un système ouvertement immoral (peut-être mieux amoral) d’enrichissement illicite et de corruption. Le Parti vert écologique est la main droite du gouvernement, dans un pays où il y a des dizaines d’écologistes assassinés. Le PRD, qui  joue le  rôle de gauche du régime est responsable de la disparition des 43 d’Ayotzinapa. Le PRI a coopté depuis des décennies l’héritage de la dernière révolution mexicaine … Tout ce qui aide à discréditer l’idée même de parti.

Mais le Mexique n’est pas une société décomposée. C’est une société où les opprimés et les exploités sont sur la défensive … sur la défensive avec un héritage politique et  culturel révolutionnaire duquel la société mexicaine semble assez consciente.

Des éléments de l’histoire mexicaine en clé révolutionnaire

Notre voyage au Mexique nous a éclaircit sur une figure que mérite respect, bien qu’il ait été un prêtre. Miguel Hidalgo y Costilla a été un authentique jacobin qui en 1810 a été à la tête de l’attaque à l’Alhondiga, il a commandé une armée populaire d’environ 20.000 hommes (une vraie armée de sans-culottes) qui a initié le processus d’indépendance mexicaine. Dans l’attaque les Espagnols ont été balayés de Guanajuato avec des méthodes jacobines. Telle est l’entrée du Mexique dans l’histoire des révolutions. Une entrée qui fait pâlir de frayeur et lâcheté à plus d’un petit « intellectuel » bourgeois ou politicien réformiste …

Après cette « entrée » dans l’histoire des révolutions modernes, le Mexique a eu encore deux révolutions, une au milieu du XIXe siècle, dirigé par Benito Juárez et dont le grand point est l’affrontement avec l’impérialisme français, et la plus fameuse, la révolution mexicaine de 1910, dirigée par Zapata et Villa.

En suivant la forme de toutes les révolutions précédentes du XXe siècle, toutes ces révolutions ont fini par consolider le pouvoir de la machine d’État bourgeois mexicain, même si elles ont donné de grandes conquêtes comme résultat. C’étaient des révolutions – l’entrée des masses dans la vie politique à travers de la mobilisation de rue- qui n’ont pas réussi à revendiquer d’une manière conséquente les intérêts historiques des opprimés et des exploités, d’où que toute cette énergie ait fini par être réabsorbée par la domination bourgeoise sur le Mexique.

La consolidation de l’État mexicain à partir du détournement, réabsorption ou « interruption » de l’expérience révolutionnaire, confirme d’une certaine manière la posture d’une dialectique entre une révolution et État, réalisée par Lénine dans la continuation de Marx : « toutes les révolutions antérieures ont perfectionné la machine de l’État, et ce qu’il faut est de la casser, de la détruire ».

Que la révolution de 1910 soit restée incomplète, qu’elle n’ait pas réussi à établir un État ouvrier (Russie), ou un état non capitaliste (Chine ou Cuba)  rend compte d’une expérience qui n’a pas été réalisée dans la société mexicaine; il est finalement clair que elle n’a pas réussi à compléter la révolution bourgeoise, même si elle a été une révolution historique,  immense qui a donné lieu à une série de conquêtes et qui a façonnée la société mexicaine jusqu’à aujourd’hui.

C’est pourquoi il est nécessaire d’adopter comme perspective historique la possibilité d’une quatrième révolution mexicaine. Il ne semble pas aujourd’hui qu’il y ait des conditions minimales pour cela;  toute une accumulation politique immense est nécessaire, beaucoup de batailles politiques, etc.. Mais comme l’histoire ne s’arrêtepas, c’est en réalité une position cohérente d’assumer que dans l’avenir du XXIe siècle nous verrons les exploités et les opprimés mexicains se lancer dans la rue comme  méthode pour faire irruption dans la politique.

Le Mexique d’aujourd’hui : une perspective

Au Mexique aujourd’hui il y a plus de 40.000.000 de salariés (des prolétaires sans aucune doute) qui sont le résultat de toute une histoire d’oppression, d’exploitation, de lutte révolutionnaire, contre-révolutionnaire, etc.. (voir sous-titre sur le développement inégal). C’est le résultat d’une histoire très complexe et surtout très « mouvementée ». La stabilité n’est pas un trait distinctif de la société mexicaine et c’est par cela que nous ne croyons pas que le modèle des années 90  va avoir une vie trop longue.

Nous ne parlons pas ici, loin de là, du saut de la non-organisation à la révolution. Ce triple saut mortel n’est pas à  l’ordre du jour aujourd’hui pour la société mexicaine. Le prochain saut est celui de la non-organisation à la politisation et à l’organisation, qui redonderait probablement dans une radicalisation par la gauche des positions des mexicains exploités et opprimés. La naturalisation de l’état d’exploitation et d’oppression actuel ne va pas durer pour toujours et, encore plus, il semble qu’il a déjà commencé à se modifier, très lentement, très initialement c’est vrai.

Surtout ici, le problème est le géant prolétaire endormi. Pour une série de circonstances, la classe ouvrière n’a pas joué un rôle indépendant dans la révolution de 1910; même dans beaucoup de cas elle s’est opposée de façon réactionnaire à la paysannerie révolutionnaire qui était la base de la révolution. C’est la cause de l’idée dans beaucoup de secteurs d’avant-garde que la classe travailleuse ne serait pas appelée à être l’avant-garde stratégique du processus de la lutte.

De toute façon, la campagne d’Antonia Hinojos dont nous avons déjà analysé le contenu dans des articles précédents, ainsi que les candidatures indépendantes à l’Assemblée Constituante de l’État du Mexique (que nous n’abordons pas ici par manque d’espace) sont deux indicateurs, initiaux encore, de l’organisation pour-soi qui commence à faire la classe ouvrière mexicaine. Les mobilisations de masse  pour les 43 d’Ayotzinapa (campagne qu’il faut soutenir) sont aussi un essai de cette réorganisation naissante.

L’instauration d’une tendance directement socialiste et révolutionnaire, non corporative ou simplement anticapitaliste,  est la tâche que  les militants de Socialisme ou  Barbarie assumons face à l’actualité de la société mexicaine. Notre courant international essaie de réactualiser dans ce sens les traditions révolutionnaires de la société mexicaine. Nous essayons d’installer la discussion d’une nouvelle révolution mexicaine qui modifie l’actuel capitalisme mexicain dépendant ou semi colonial des États-Unis, dans la perspective de la révolution socialiste que commandée stratégiquement par les travailleurs,  mette en place une alliance ouvrière et paysanne qui commence par assumer l’ensemble de tâches démocratiques et sociales à accomplir encore dans le pays. La perspective d’une transformation sociale pour le bénéfice de la majorité et qui précisément pour cela devra détruire l’actuel État mexicain.

Cela, naturellement, d’une manière stratégique, en même que nous accomplirons des tâches politiques initiales avec le objectif d’organiser, politiser et construire l’outil si nécessaire du parti révolutionnaire.

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Le Développement Inégal : la construction de l’État mexicain

Toute cette histoire révolutionnaire du Mexique enfonce ses racines dans la manière dans laquelle l’État mexicain s’est consolidé depuis la colonie, et même peut-être avant… La colonisation de Tenochtitlán par les Espagnols a été l’une des impulsions décisives à la consolidation du capitalisme mercantile et par conséquent l’un des fondements historiques du capitalisme.

Cette consolidation s’est réalisée d’une manière radicalement inégale et combinée. Trotski disait qu’en Russie il y avait un développement inégal entre toutes les formes capitalistes occidentales et les formes asiatiques, qui se combinaient d’une manière contradictoire en l’impulsion capitaliste occidentale et les conditions féodales qui régnaient en Russie encore au commencement du XXe siècle. Une « contradiction » d’environ 400 années entre le capitalisme et le féodalisme.

Mais le cas mexicain est plus marqué encore. Si nous suivons les catégories de l’anthropologue Gordon Childe nous devons dire que Tenochtitlán était dans son haut point de révolution urbaine… ce que les civilisations antiques babyloniennes, mésopotamiennes et égyptiennes avaient consolidé autour de l’année 3000 av. J.-C. en  Tenochtitlán commence vers l’année 1500 apr. J.-C.… la contradiction n’est pas  entre un féodalisme en retard et un capitalisme avancé : mais entre le néolithique et le capitalisme!

La meilleure démonstration de cette caractérisation de la société originaire nous la donne le développement de l’écriture dans les villes mayas, autour de 1.000 apr. J.-C, alors qu’en Europe et en Asie il y eu développement de l’écriture depuis 6.000 av. J.-C..

Cette société « antique » est rentré dans une contradiction directe avec le capitalisme mercantile de 1.500 apr. J.-C, c’est pourquoi il y a en même temps deux formes théoriques du marxisme pour comprendre le développement capitaliste : l’accumulation originaire de Marx et le développement inégal et combiné de Trotski.

Les conséquences de cette contradiction sont connues (par exemple les génocides) mais il n’est pas nécessaire d’y revenir dans le détail en ce moment. Ce qui nous intéresse remarquer c’est une idée qui a été déjà apportée par Adolfo Gilly, dans le sens que les Espagnols n’ont pas trouvé comme richesse principale l’or, mais des hommes et des femmes des peuples originaires, qui à partir de là, et encore jusqu’à aujourd’hui, ont passé pour un processus de transformation et de consolidation comme de force de travail suivant les besoins du capitalisme mondial.

L’actuelle force de travail mexicaine est la conséquence d’un processus clairement reconnaissable (peut-être le plus clair des pays hispanophones de l’Amérique latine) : avec aide de l’État, les classes dominantes ont modelé des classes opprimées conformément à ses propres intérêts d’exploitation. Ainsi, après le massacre des peuples originaires, la récupération de la population dans l’État mexicain fut liée au développement de différentes formes de travail exploité. L’imposition de ces formes de travail a été faite d’une manière majoritairement violente même au  XIXe siècle, quand il y a encore eu des déplacements forcées de peuples originaires qui,  guidés par des socialistes utopiques faisaient face à l’État bourgeois mexicain. Il est difficile de concevoir quelque chose de plus inégalement développé, une combinaison plus radicale entre le « nouveau » et « le vieux », entre le socialisme et les populations originaires.

Cette contradiction extrêmement abrupte donne à la société mexicaine plusieurs de ses traits sociaux, économiques et politiques. La contradiction entre la campagne et la ville est peut-être le phénomène le plus tangible. Ce fait a pratiquement marqué toutes les révolutions mexicaines, où les luttes des classes ont eu tendance à s’exprimer à partir du positionnement politique de villes entières.

Ce développement inégal et combiné a d’autres implications contradictoires. D’un côté il donne à la société mexicaine des caractéristiques très réactionnaires dans des périodes de désorganisation des opprimés et exploités, comme aujourd’hui, dont le meilleur exemple sont les 43 d’Ayotzinapa disparus par l’armée. Mais d’un autre côté, il donne à la société mexicaine un dynamisme inquiétant. La réalité politique d’un État est relativement indépendante du reste de la république fédérale,  et différente encore de la ville de Mexico, où l’avortement est légal.

Cette richesse politique doit être utilisée pour mieux expliquer le besoin d’une alternative socialiste et révolutionnaire. Les conditions sont prêtes pour établir pratiquement n’importe quel type de discussion politique contemporaine.

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Trotski figure culturelle et  révolutionnaire

La fresque impressionnante de  Diego Rivera, de l’Homme Contrôleur de l’Univers[1], qui est aujourd’hui le bijou qui couronne le Palais des Beaux-Arts, exprime clairement les potentialités de la société mexicaine. Au centre, une figure humaine avec la capacité de contrôler l’univers entier, de un côté les forces de la réaction, de l’exploitation, de la religion; de l’autre côté les forces de la révolution, de la science, du prolétariat. C’est l’expression de la quatrième (et future) révolution mexicaine.

Là, au centre du Mexique, l’État bourgeois n’a d’autre option que de se dévoiler lui-même. L’État bourgeois mexicain est l’un des soutiens fondamentaux du capitalisme états-unien, la bataille pour le Mexique est alors réellement stratégique dans la lutte générale contre le capitalisme et pour le socialisme. L’Etat mexicain saisi d’un côté par l’impérialisme et par l’autre par tous les secteurs populaires, c’est ce qui évite que la peinture de Rivera saute à la vie et devienne réelle.

De la même manière, les stratégies théoriques et politiques qui ont été élaborées par Trotski doivent sortir aussi des musées mexicains et s’incarner chez les mexicains exploités et opprimés. Il semble très romantique ce que nous disons, mais c’est une vérité que Trotski  est une figure culturelle installée dans la société mexicaine. Une espèce de description générale du trotskisme constitue l’axe central des visites faites par les guides qui présentent le Palais des Beaux-Arts et le Musée Trotski : quelque chose de très similaire de ce que nous disons face aux nouveaux sympathisants quand ils nous demandent qu’est-ce que le trotskisme. Il est nécessaire que le trotskisme profite de cette tradition culturelle pour donner un pas vers la construction politique de la stratégie socialiste révolutionnaire.

Meeting du 1° Mai du NPS à Cartago

25 avril 2016

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Le 16 avril a eu lieu notre meeting du ° 1 mai à Cartago, avec la participation de 30 personnes. L’activité a commencé par une discussion sur l’histoire des martyrs de Chicago, la situation des droits du travail au Costa Rica, les attaques du gouvernement du PAC (Partido Acción Ciudadana) et les propositions du Nouveau Parti Socialiste (NPS). En outre, le meeting politique était accompagné avec une activité sociale, où nous avons tenu une buvette et une barbecue pour collecter des fonds pour le cortège du NPS du 1 mai.

Depuis plusieurs mois nous avons travaillé pour consolider la construction du NPS dans cette province, liée à notre processus d’inscription pour les élections de 2018 où nous voulons présenter une alternative socialiste pour les travailleurs, les femmes et les jeunes à Cartago (ainsi qu’à San José et Heredia où nous sommes en train d’obtenir notre inscription électorale).

Lié à cela, nous réalisons aussi un travail de tractage dans les usines et les plantations dans la région, dénonçant la violation des droits des travailleurs et appelant à la mise en place d’organisation syndicales dans l’entreprise privée. Par exemple, nous avons tracté pendant sept mois dans la plantation Florexpo à Paraíso de Caratgo, informant les travailleurs et travailleuses sur leurs droits fondamentaux face à la fermeture annoncée de l’entreprise, afin d’assurer le respect de leurs indemnités de licenciement et d’autres indemnités.

Cela explique que, dans sa majorité, ceux qui ont assisté à notre meeting sont pour la plupart des travailleurs de l’entreprise privée: Florexpo, du Parc Industriel, et des travailleurs indépendants. C’est pour cette raison, nous avons n’avons pris que quelques photos et nous ne publions le visage d’aucun ouvrier de l’entreprise privée, étant donnée la forte persécution politique qui existe dans les lieux de travail où règne une  « dictature des patrons ». Également ont assistée des camarades qui travaillent dans le secteur public et des étudiants de l’Université.

Le 17 avril, en plus de cela, a eu lieu la première réunion du Cercle de Travailleurs du NPS à Turrialba, avec des  camarades du secteur public et des entreprises privées, qui ont également discuté de l’histoire du 1er Mai et de la situation de la classe ouvrière dans le pays aujourd’hui.

Le dimanche 24 avril, nous allons réaliser les assemblées cantonales de Paraiso et El Guarco, il ne nous resterait ensuite que Jimenez, Alvarado et La Union pour mettre obtenir notre inscription électorale dans les prochains mois. En outre, dans les prochaines semaines, nous allons ouvrir des nouveaux points de distribution de tracts dans les usines de la province.[1]

Nous invitons nos sympathisants à Cartago à rejoindre le Cercle de Travailleurs du NPS dans la province pour développer ce travail militant dans les entreprises privées, dans la perspective de fonder syndicats dans le secteur, ainsi que pour finaliser l’inscription électorale de notre parti.

Meeting du 1° Mai du NPS à Cartago 160425-nps-cartago2-220x141

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[1] Au Costa Rica, l’inscription électorale permettant de présenter des candidats à députés dans une Province nécessite d’abord l’inscription d’un certain nombre de « adhérents », et ensuite la réalisation de « Assemblées Cantonales » du parti dans tous les cantons de la Province, avec un nombre minimum d’habitants du canton à chaque fois, tout ce qui est contrôlé minutieusement par la Justice Electorale.

Crise politique au Brésil – L’empeachment de Dilma au service de l’offensive réactionnaire avance au Parlement

23 avril 2016

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Il faut construire une grève générale contre l’ajustement, pour imposer des élections générales et une Assemblée Constituante Démocratique et Souveraine

Tous les mouvements pris par le gouvernement pour attirer des alliés, en proposant des postes au gouvernement, n’ont pas été suffisantes pour empêcher que, dimanche 17 avril, le rapport favorable à l’ouverture du jugement politique contre Dilma pour des crimes de responsabilité, a été approuvé à la Chambre des députés avec 367 voix pour (342 votes étaient nécessaires pour la mise en marche de l’impeachment).

Par la suite, le rapport sera examiné par un comité élu au Sénat, qui aura un temps d’environ 10 séances pour voter une expertise qui sera soumise à l’évaluation en séance plénière du Sénat; une fois admis par la majorité simple (41 sénateurs) Dilma sera écarté du pouvoir et le procès aura lieu dans un période maximum de 180 jours. La majorité des analystes indiquent que si les tendances actuelles se maintiennent, le gouvernement n’aura pas assez de voix au Sénat pour éviter que Rousseff ne soit jugée et que son mandat prenne fin.

La défaite du gouvernement à la Chambre des Députés n’a pas été un coup de tonnerre  dans un ciel serein. Ces dernières semaines, à cause des dénonciations que Dilma était au courant du réseau  de corruption à Petrobras, faites par Delcídio Amaral (ancien chef du gouvernement au Sénat) ; la poursuite pénale à Lula par la Police Fédérale et le fait que la Cour Suprême a repoussé sa décision sur l’entrée de Lula au gouvernement en tant que Chef de Cabinet ; et l’éloignement du PMDB du gouvernement, le résultat des événements politiques et économiques ont été totalement défavorables au gouvernement.

Le gouvernement perd tout soutien politique

Les manœuvres de dernière minute consistant dans l’achat de votes pour tenter d’atteindre le nombre de 172 députés nécessaires pour empêcher le début du processus d’impeachment, n’ont pas suffi pour contenir l’offensive réactionnaire dans le Congrès National, qui fait partie d’une offensive générale pour remplacer Dilma par un gouvernement néolibéral qui soit capable de mener  mesures encore plus fortes de l’ajustement néolibéral qui est déjà en cours.

La question soulevée par l’opposition de droite, qui prétend que Rousseff a commis des « crimes de responsabilité fiscale » n’est qu’un écran de fumée. Les décrets pour autoriser des prêts au gouvernement ou les « bicyclettes fiscales » dans le premier mandat présidentiel sont des actions aussi réalisées par tous les gouvernements précédents et ne constituent pas en elles-mêmes des preuves pour valider juridiquement le jugement politique.

Au fond, ce qui a permis la défaite du gouvernement lors du vote d’hier est que Dilma est au milieu d’une crise économique de proportions historiques – sans doute la plus profonde crise économique brésilienne depuis 1929 – elle a perdu le soutien de toutes les factions de la classe dirigeante et de la grande majorité de la population active qui, par ailleurs, est la grande victime des politiques néo-libérales menées par Rousseff dans son second mandat.

Étant donné que la thèse du crime de responsabilité est fragile et que l’opposition de droite n’a aucune légitimité politique, la balance s’est incliné contre le gouvernement en raison de sa perte de soutien, qui se reflète directement dans les manifestations de rue dans lesquelles, malgré avoir montré une capacité à mobiliser sous le discours de vaincre le  « coup d’Etat », le gouvernement a toujours mobilisé moins de gens que la droite, même le dimanche dernier.

Pour contrecarrer la défaite imminente dans le Sénat, ce qui se traduira dans l’écartement du pouvoir de Dilma à partir du vote de destitution à la Chambre des députés, le gouvernement devrait s’appuyer sur une mobilisation importante de la classe ouvrière, avec des mobilisations plus massives que celles de la droite, comme une grève générale ou une action radicale en sa défense.

Ce ne sera pas le cas, parce que même si la classe ouvrière et les jeunes militants étaient d’accord avec l’action radicale en défense de Dilma, étant donnée que le gouvernement a pris la décision de mener des ajustements impopulaires depuis le début de son second mandat, la bureaucratie de Lula devrait changer totalement de stratégie et être prête à rompre avec l’impérialisme et le capital financier, tournant qui semble très difficile de se produire, y compris si nous étions vraiment face à une menace de coup d’Etat comme le gouvernement veut nous faire croire.

Nous ne devons pas oublier que nous parlons d’une caste bureaucratique riche, opposée à toute manifestation de radicalisation indépendante des travailleurs , et que dans le contexte de la crise économique ne peut offrir même pas des miettes; au contraire, les petites améliorations dans les conditions de vie et économiques de ces dernières années seront perdues complètement.

La crise organique dans laquelle nous vivons et la reprise de la lutte des classes plus directe qui en découle, met les choses au claire; c’est-à-dire, il montre parfaitement que le PT,  Dilma ou Lula, a été une faillite du point de vue de leur capacité à catalyser la lutte des travailleurs, même si leur destin politique en dépend.

La farce du processus d’impeachment avec la faillite historique de ce qui était la représentation des travailleurs pendant les dernières décennies pose une situation dramatique pour la classe ouvrière, car face à l’offensive réactionnaire elle n’a pas une alternative accorde à ses nécessités politiques. Donc la question de la construction d’une alternative politique est une question qui deviendra centrale de façon de plus en plus incontestable dans la prochaine période.

Il faut se préparer pour la guerre

A partir de la recevabilité de l’accusation déjà voté par la Chambre des Députés, dans environ un mois pourrait commencer l’ouverture effective de la procédure de destitution. L’ouverture du processus exige la suspension de Dilma pendant 180 jours jusqu’à la fin du processus ; à partir de là, la présidence de Temer (PMDB) commencerait.

La mise en place de la nouvelle coalition au pouvoir est sur le bon chemin et le gouvernement de Temer aura un profil ouvertement conservateur. Il y a un an le PMDB a publié un document intitulé « Pont vers l’avenir », qui a comme un principe de base, face à la crise économique, un programme néolibéral de ligne dure qui prévoit, entre autres maux, d’augmenter l’âge de départ à la retraite, la mise en place de tarifications dans Système Unique de Santé, la diminution des budgets de Santé et d’Education, et la précarisation généralisée des travailleurs.

Même avant d’assumer, Temer a « filtré » un audio qui cherche à « rassurer » les gens en disant qu’ils ne toucheront pas les programmes sociaux comme la Bolsa Familia. Les agents de l’offensive réactionnaire savent que Temer va assumer dans le contexte d’une crise politique qui pourrait s’aggraver et donner lieu à des troubles politiques graves ; un gouvernement qui assume avec une très faible popularité (dans une recherche récente sur les intentions de vote, en cas de se présenter à président Temer aurait 2 % d’intention) et un scénario économique difficile qui a tendance à restent comme cela pendant au moins encore deux ans.

Mais malgré cela, selon la logique de la classe dirigeante et ses partis, l’impeachment de Rousseff ne se justifie que si le futur gouvernement développe une stratégie visant à créer les conditions pour pousser les travailleurs jusqu’à la fin de cette crise et, par conséquent, il va concevoir des mesures qui peuvent commencer par exemple par des mesures comme le fait de s’octroyer plus de marge dans l’utilisation du budget fédéral, puisqu’elles ne semblent pas directement des mesures qui affectent les droits des travailleurs (une grosse erreur), afin de créer les conditions pour passer d’autres mesures réactionnaires.

C’est-à-dire, la perspective d’un gouvernement de Temer est nécessairement celle de l’unification de la classe dirigeante, les médias et ses partis afin de faire la guerre contre la classe ouvrière pour imposer des attaques brutales. Par conséquent, contrairement au gouvernement – et à une grande partie de la gauche- qui suggère que la solution politique est la continuité des ajustements néolibérales mais qui soient « plus humains », nous pensons que nous devons aussi nous préparer pour la guerre et créer les conditions politiques pour construire une issue des travailleurs.

Con el voto favorable a la destitución por la Cámara de Diputados, la situación política cambia de nuevo y demanda de la izquierda socialista hacer ajustes a nuestra orientación política. La posibilidad inminente de la suspensión del mandato de Dilma y la asunción de una coalición aún más conservadora, por decir lo menos, hace que sea necesario ponernos a discutir una salida política de hecho, una alternativa a los patrones en serio.

Avec le vote favorable à la destitution de la Chambre des députés, la situation politique change à nouveau et cela demande à gauche socialiste et révolutionnaire de réajuster notre orientation politique. La possibilité imminente de la suspension du mandat de Dilma et l’arrive au pouvoir d’une coalition encore plus conservatrice, pour dire le moins, fait que ce soit nécessaire de réfléchir à une solution politique de fait, une vrai alternative à celle patrons.

Il est nécessaire de dépasser la perspective de la direction majoritaire du PSOL qui, face à l’offensive réactionnaire, ne défend que le maintien de l’actuel gouvernement et aussi la possibilité que la solution politique immédiate ne viendra que de nouvelles élections générales, comme le PSTU er d’autres courants. Le spectacle d’horreur interprété par la majorité des membres du Congrès lors du vote sur l’impeachment montre entièrement que le système politique est dominé par ce qui est le plus destructif par la société –ce qui a choqué largement, du fait des scènes explicites d’opportunisme, de cynisme et de fascisme – doit être révolutionné aussi et mettre tous ces gens hors d’état de nuire.

Nous ne pouvons pas permettre que l’issue de cette crise politique, où tellement de choses se jouent, qui  menace à la classe ouvrière et à la jeunesse avec des reculs politiques et économiques historiques, reste dans la main de cette canaille parlementaire achetée par les capitalistes. Mais nous ne pouvons-nous pas non plus nous contenter d’appeler à des élections générales, comme le prétendent le PT et certains secteurs de la gauche révolutionnaire, parce que même si cette issue est plus progressiste que le processus d’impeachment mené par l’offensive réactionnaire de la bourgeoisie, des élections générales ne feraient que garder, dans toutes ses lignes et tous les acteurs, le système politique et économique tel qu’il l’est.

Il faut, avec des élections générales pour tous les postes éxecutifs, soumettre une proposition pour l’élection d’une Assemblée Constituante, Démocratique et Souveraine afin de transformer profondément le système. Par exemple, les travailleurs et les jeunes ensemble et dans les rues, doivent imposer l’appel à une Assemblée Nationale Constituante et Souveraine, qui non seulement reprenne les droits qui ont été enlevés, mais qui émerge également comme un pôle de direction politique, alors que jusqu’à maintenant ce ne sont que des fractions bourgeoises en lutte pour le pouvoir qui ont été dans le devant de la scène.

Nous devons mener une révolution pour changer de A à Z le système politique. C’est-à-dire, un processus qui exige de mettre fin au financement privé des campagnes, la mise en place de temps de parole égalitaire à la radio et de télévision, la fin de la chambre haute (Sénat), la révocabilité par les électeurs de tous les mandats parlementaires et exécutifs, limiter les rémunérations versées aux députés pour qu’ils soient à même hauteur que le salaire moyen travailleurs et une série d’autres mesures pour assurer la participation démocratique des masses dans les décisions politiques fondamentales.

Aucune transformation politique n’est possible sans une profonde transformation économique et sociale. Ainsi, outre un profond changement dans le système politique, cette Assemblée Constituante doit traiter les problèmes structurels, tels que la mise en œuvre immédiate de la réforme agraire et urbaine, la fin de l’utilisation de la plus grande partie du budget pour le paiement des intérêts de la dette extérieure, la stabilité dans l’emploi, un salaire minimum qui puisse effectivement suffire pour vivre dignement, le pourcentage de l’augmentation requise des dépenses de santé et d’éducation, le droit au mariage pour tous, le droit à l’avortement et toutes les autres méthodes contraceptives, la fin de la police militaire, parmi une série d’autres mesures.

Nous savons que pour imposer une issue comme celle-ci face à la crise politique est nécessaire de renverser les tendances offensives des patrons, de créer un processus de mobilisation qui implique l’unification des luttes contre les ajustements et de construire une grande grève générale pour exiger l’appel à de nouvelles élections générales et à une Assemblée constituante démocratique et souveraine. Mais avec les forces réduites et fragmentées de la gauche, n’arrivent aux masses que les propositions que présente le gouvernement ou l’opposition de droite : d’où la nécessité de construire immédiatement un Front de la Gauche Socialiste, indépendant du gouvernement et des patrons. Un exemple de ceci est ce qu’ont fait des secteurs de la gauche socialiste révolutionnaire à Rio de Janeiro et dans d’autres états, dans la perspective d’un rassemblement national de forces indépendantes des patrons et du gouvernement, des forces lutte de classe, contre l’ajustement économique, pour des élections générales et pour une Assemblée Constituante Démocratique et Souveraine.

Les femmes s’organisent contre la Loi Travail et son monde !

23 avril 2016

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Contre le surtravail, la précarité, la double journée, le sexisme, le bafouement des droits sexuels et reproductifs

Les travailleuses et travailleurs des hôpitaux de l’APHP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) ont, elles aussi, installé un stand sur la place de la République. C’est  « l’Hôpital Debout », construit sur la base des liens tissés dans la lutte contre le Plan Hirsch[1]. L’Hôpital Debout se tient tous les après-midi sur la Place de la République depuis plusieurs jours : c’est  devenu la Commission Santé de la Nuit Debout.

Au microphone, ils et elles interviennent, les salariés de Henri-Mondor, de Saint-Louis, de Pompidou, la Pitié, Tenon, Avicenne, Debré, mais aussi des centres de santé et de l’établissement public de santé de Ville-Évrard… Ils racontent comment le gouvernement socialiste les a attaqués, à travers le plan du directeur Martin Hirsch, qui cherche par tous les moyens de réduire les coûts de personnel, de faire encore des économies sur le dos des travailleurs. Il suit la politique d’austérité imposée par l’Union Européenne, et par le gouvernement du Parti « Socialiste », pro-patronal et néolibéral, maintenant détesté par la population. Les travailleurs luttent depuis un an contre le Plan Hirsch, le gouvernement a dû reculer dans sa mise en place, mais maintenant Hirsch cherche à appliquer ces mesures secteur par secteur et aux nouveaux embauchés. Ce plan implique une perte de 6 jours de repos par an, dans un milieu professionnel où il y a déjà une telle intensité du travail que les travailleurs subissent épuisement, stress, maladies et même suicides, comme conséquence des années de réduction de personnel et d’embauches des travailleurs qui ne se font que sous des statuts précaires. Les travailleurs des hôpitaux psychiatriques sont nombreux, ils dénoncent la situation catastrophique dans les centres de soins.

Le projet Hirsch pour l’hôpital public est une anticipation de ce qui arrivera à tous les travailleurs avec la loi El Khomri. Flexibilité, perte de jours de repos, journées de 12 heures!, précarité, surexploitation. Les femmes soignantes en subiront encore plus les conséquences parce que dans la plupart des cas elles doivent assurer les nécessités matérielles et les tâches liées à leurs foyers : elles font la double journée de travail. Justement, un des jours de repos supprimé dans les hôpitaux est le jour de fête de la mère. Ce gouvernement, malgré sa propagande « féministe » n’a pas de pitié pour les femmes quand il s’agit de faire des économies sur le dos des travailleurs pour mieux servir les patrons.

L’objectif du gouvernement est d’imposer dans les hôpitaux les critères de rentabilité capitaliste. Pour ceux qui veulent être mieux soignés, il faut qu’ils paient de bonnes mutuelles, surtout pour avoir le « luxe »  de passer par les cliniques privées. Ainsi, déjà, de nombreux malades sortent de l’hôpital avant la période recommandée d’hospitalisation, car ils n’ont pas d’argent pour payer le « ticket modérateur » journalier que la sécurité sociale générale ne couvre pas. Ces patients rechutent, ils doivent retourner à l’hôpital, ce qui génère une nouvelle tarification « à l’acte ». Qui va s’occuper des malades à domicile? Sûrement leurs femmes, filles, mères… les unes devront se débrouiller pour s’absenter du travail, d’autres resteront encore plus enfermées à la maison, toutes auront plus de tâches et des angoisses.

Un usager raconte comment les patients souffrent de la dégradation des soins, produit du surmenage des soignants. Une personne hospitalisée a vu diminuer de 30 % le nombre d’infirmières pendant une période très courte, trois mois. Un travailleur technique explique que l’introduction de la sous-traitance pour l’entretien des installations coute très cher, tout en étant assez inefficace. Voilà encore une méthode pour réduire le nombre de postes à l’hôpital.

Dans un autre coin de la place, nous assistons aussi à des assembles féministes non mixtes, où les femmes expriment leurs témoignages sur la maltraitance des professionnels médicaux,  sur les viols, les agressions…

Valérie Pécresse et la gauche contre les droits sexuels et reproductifs

Je prends la parole à Hôpital Debout pour dénoncer Pécresse, qui a coupé le financement de la région Ile-de-France destiné à la contraception gratuite pour les jeunes, au « pass jeune »[2] et menace de supprimer toute aide aux associations qui s’occupent de contraception, d’avortement, et d’éducation à la sexualité dans les collèges et lycées. La droite a la même politique dans les autres régions : à Lille, par exemple, une antenne du Planning Familial a été fermée.

Nous, militantes féministes, sommes en colère et déterminées à nous battre pour le droit réel à décider sur notre propre corps. Rappelle-toi, Pécresse, qu’en 2013 nous avons manifesté par milliers en solidarité avec les femmes espagnoles contre l’attaque de Rajoy au sujet du droit à l’avortement. Nous, les associations féministes comme le Planning Familial, nous allons nous mobiliser contre la droite dans les régions et partout contre le gouvernement impopulaire d’Hollande, dans l’unité avec les travailleurs, étudiants, chômeurs et autres secteurs en lutte. Pécresse n’est pas la seule à bafouer les droits des femmes. Hidalgo, à la mairie de Paris, traite femmes et hommes en contrat précaire comme des esclaves temporaires. Elle élimine les aides de logement aux femmes seules. Le gouvernement laissé sans protection des centaines des femmes qui veulent avorter chaque année, quand elles dépassent 12 semaines de grossesse. Elles doivent trouver l’argent pour payer une clinique en Hollande, Espagne ou Etats Unis selon le stade de la grossesse. C’est injuste, de tas des erreurs médicaux, problèmes de couple ou simple ignorance de la loi, provoquent que une femme dépasse les 12 semaines. Féministe tu parles !

Justement le Planning Familial vient de voter lors de son Congrès des motions importantes: contre la politique migratoire du gouvernement,  contre l’état d’urgence et le tout sécuritaire, en défense du droit à l’avortement et de tous les droits sexuels et reproductifs, parmi d’autres questions[3]. Ceci exprime que la situation actuelle de remontée de mobilisations sociales, l’accumulation d’expériences de lutte, l’apparition de nouvelles générations militantes peut « changer » des organisations qui étaient « ligotées » dans des formes de bénévolat ou de liens avec l’Etat, pour les faire renouer avec les meilleures traditions militantes du passé et se nourrir du plus dynamique qui existe dans le présent.

Il faut maintenant se mettre en mouvement pour que ces résolutions ne restent pas lettre morte : rejoindre les manifs, les actions, les Assemblées Générales, les Nuit Debout et Hôpitaux Debout, construire la grève reconductible dans la santé.

Dans l’espace de la place de République, pendant  la Nuit Debout,  avec des affiches de « Convergence des luttes » qui commencent à remplir la place, les travailleurs des différents boites, hôpitaux, usines discutent ensemble, s’échangent leurs numéros de portables. Toutes et tous voient la politique pro gouvernementale des confédérations syndicales. Nous  sommes en train de court-circuiter petit à petit les appareils syndicaux qui divisent les travailleurs et peut être de créer les bases d’une vraie bagarre jusqu’au bout contre cette loi, d’une grève illimité jusqu’au retrait pur et simple.

______________________

[1] Les travailleurs des hôpitaux se battent contre les attaques du gouvernement (http://bit.ly/SOB-APHP)

[2] http://www.franceinfo.fr/fil-info/article/suppression-du-pass-contraception-en-idf-ce-sont-les-plus-precaires-qui-vont-en-patir-veronica-782255

[3] http://www.planning-familial.org/articles/les-motions-dactualite-du-29eme-congres-0027275

Barcelone – Las Rojas se sont mobilisées le 8 mars avec le mouvement de femmes

20 avril 2016

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Le 8 mars dernier l’organisation féministe « Las Rojas » (Les Rouges), avec plusieurs camarades de  l’Université de Barcelone El Raval, nous sommes mobilisées avec des milliers de femmes; nous sommes sorties dans la rue pour réclamer justice pour les victimes de la violence sexiste et patriarcale et pour toutes les femmes qui subissent la violence de l’État, de l’Eglise et de l’austérité de Rajoy.

Face à la vague de fémicides et de violence que les femmes souffrons, dans la région Catalane, de Valencia et dans tous les coins de la péninsule ibérique, les femmes organisées et des secteurs indépendants, nous sommes rassemblés et nous avons rempli la Place de l’Université à Barcelone et nous nous sommes mobilisées jusqu’à la Plaza Jaume I pour crier haut et fort que nous n’accepterons pas la la naturalisation ou la normalisation de la violence que nous souffrons et que nous n’allons céder même pas un millimètre dans la défense de nos droits.

Nous avons bien clairement que rien n’est garanti aujourd’hui pour les femmes et qu’il ne le sera pas non plus avec un nouveau gouvernement. Au cours des premiers mois de 2016  un nombre scandaleux de meurtres sexistes, de femmes poignardée ou étranglées, ont été recensés dans l’ensemble de l’État espagnol, mais particulièrement dans la communauté autonome de Catalogne. Le journal El Pais du premier janvier, a rendu publique une chronologie du premier mois de l’année où ont été tuées 8 femmes, sans compter le cas de la petite Alicia, violée et assassinée, jetée par une fenêtre par son agresseur. Femicidios.NET collecte des informations des différents cas, exposant ainsi un total de 28 femmes tuées depuis le début de 2016, ce qui fait une moyenne de deux femmes assasinées chaque jour par la violence contre les femmes.

Cependant, il ne s’agit pas seulement d’une question de chiffres : nous sommes conscientes que les réseaux de la violence sexiste se construisent dès les sphères de la haute monarchie, qui défendent leurs entreprises et les intérêts d’une poignée de patrons qui se considèrent tout-puissants et avec carte blanche pour fustiger et harceler les femmes. En outre, nous ne nous laissons pas tromper par les gouvernements régionaux qui discutent et  fassent la même chose que le gouvernement central: rien… Ils ne font rien contre la violence et pour améliorer la situation des femmes. Bien au contraire, juste une minute de silence pour se souvenir des victimes, en même temps qu’ils réduisent le budget des programmes d’aide pour les femmes victimes de violence.

Cependant, nous disons, et nous continuerons à dire: On a assez de ceux qui nous violentent et nous exploitent!!  Les militants de Las Rojas et le Courant International Socialisme ou Barbarie, nous sommes sensibles à cette réalité, et en rendant compte de cette barbarie et pour y répondre, nous commençons à nous organiser dans les universités et les lieux de travail dans le but de construire un mouvement féministe qui soit indépendant des secteurs bourgeois, avec la ferme conviction que les droits se défendent dans les rues et sans avoir aucun espoir ou confiance en l’État, ou en sa justice patriarcale.

Ce 8 mars, comme chaque jour, nous avons exigé et crié haut et fort:

Prison ferme pour tous les fémicides!

Des logements et des emplois pour les femmes victimes de violence et pour leurs fils ¡

Un salaire digne et équitable pour les femmes au foyer et pour toutes les femmes!

Pour l’avortement libre, légal, sûr et gratuit!

C’est aux femicides et aux machistes d’avoir peur, pas à nous !

Organise-toi avec Las Rojas et Socialisme ou Barbarie!

Etat espagnol – Les premiers pas pour une alternative politique anticapitaliste et de classe face à la crise du Régime du 78

16 avril 2016

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II Rencontre Nationale de « No hay tiempo que perder » (« Il n’y a pas de temps à perdre »), Madrid.

Samedi 2 avril, avec plus de 100 activistes, organisations politiques et militantes de gauche, venant de différentes régions de l’État espagnol, nous avons participé au II Rencontre de “No hay tiempo que perder” (NHTQP,  « Il n’y a pas de temps à perdre » en français) à Madrid. Sur la base du projet de document politique programmatique présenté par le bureau, dans une ambiance fraternelle et enthousiaste, a été discuté la proposition de prendre des mesures dans la formation d’un pôle anticapitaliste et de classe qui offre une issue  de fond aux problèmes des travailleurs, des secteurs populaires, des femmes et des jeunes et se constitue comme une alternative aux variantes réformistes comme Podemos et IU qui posent qu’il est possible de changer les choses au sein des cadres du capitalisme et sans rompre avec celui-ci.

Le Rencontre a débuté par la présentation du document programmatique où est analysée et caractérisée la crise du capitalisme et du Régime du ‘78, et est tiré le bilan que la politique de la gauche réformiste comme Podemos et UI, et le rôle qu’ils ont joué depuis le 15M, n’est autre que celui de  « renforcer l’illusion d’un changement social à travers les institutions, en laissant de côté la mobilisation sociale ». Le document propose une série de revendications programmatiques  pour une issue des travailleurs et populaire à la crise, en reprennant la mobilisation sociale et la centralité de la classe ouvrière.

Avec plus de 50 amendements qui ont été présentés et discutés, finalement a été approuvé le texte en posant les bases programmatiques de l’initiative NHTQP.

Les résolutions

La deuxième partie du rencontre a été consacrée au débat et au vote sur les résolutions politiques et organisationnelles ainsi que les campagnes politiques et les tâches à aborder à l’avenir. En résumé, nous présentons certaines des plus importantes.

Résolution sur l’intervention dans la lutte des classes: « NHTQP doit devenir un outil puissant pour intervenir dans la lutte des classes.  Un front d’où coordonner notre activité dans le mouvement ouvrier et des jeunes, avec une activité propre et une capacité de répondre concrètement aux tâches que les anticapitalistes et révolutionnaires avons dans cette période. »

En ce sens, a été décidé de discuter le programme de NHTQP parmi les travailleurs, les femmes et les jeunes afin de nous délimiter du réformisme. Aussi a été décidé l’intervention commune dans les événements et les mobilisations de la lutte des classes comme le 1er mai et les marches de la dignité.

Résolution sur les journées de débat politique ouvertes. Avec l’intention de continuer les discussions, il a été décidé: « discuter pendant un week-end sur la situation sociale et politique actuelle, l’économie, la politique internationale, ainsi que des débats théoriques et stratégiques pour les révolutionnaires anticapitalistes d’aujourd’hui ». Cette résolution est liée avec le fait qu’il s’est révélé nécessaire d’approfondir les débats, question qui s’est exprimée notamment dans les discussions autour de la question de genre ou le mot d’ordre d’une Assemblée constituante.

Résolution sur la question de genre: A été résolu « un appel à un vaste mouvement de femmes anti patriarcal et anticapitaliste pour promouvoir l’organisation, la mobilisation et les luttes des femmes dans la perspective de mettre fin à ce système d’exploitation et de jeter les bases pour l’émancipation complète des femmes. »

Le Rencontre a condamné et rejeté le récent accord entre l’UE et la Turquie pour l’expulsion des réfugiés  et c’est pour cela qu’il a décidé de mener une « grande campagne internationaliste contre la guerre impérialiste, la xénophobie et le racisme » en exigeant « des pleins droits pour les immigrants et réfugiés, la fermeture des centres de détention, la suppression des restrictions de frontière et la plein liberté de mouvement pour tous les peuples »

A également été exprimé « la solidarité avec les peuples en lutte pour sa souveraineté », en particulier en ce qui concerne la situation du peuple sahraoui, kurde et palestinien.

Vers la création d’un Front Anticapitaliste et de classe dans l’État espagnol

Sans aucun doute un pas fondamental dans le Rencontre a été la résolution organisationnelle qui vise à commencer à fonctionner et à intervenir conjointement dans chaque territoire sur la base des accords politiques et programmatiques atteints et appeler un troisième  Rencontre National pour le mois d’octobre.

La résolution affirme: « NHTQP donne un nouveau pas vers l’avant et se structure territorialement pour développer une pratique militante commune dans la lutte de classes et l’intervention politique entre les organisations et militants indépendants qui le composent, promouvant dans nos territoires respectifs des Comités de NHTQP pour la construction d’un Front Anticapitaliste et de Classe qui devienne une alternative politique au réformisme et à la crise du Régime du 78 ».

Continuer le chemin entrepris

Nous rentrons de Madrid convaincus de l’importance d’avoir participé au Rencontre et du fait qu’ont été jeté des bases importantes pour faire des pas en commun à partir d’une perspective anticapitaliste et de classe. Nous sommes contents d’y avoir participé et nous sommes déterminés à travailler pour résoudre les défis qui se posent pour nous.

Nous réitérons donc notre intervention dans le Rencontre, en disant que nous adhérons et saluons l’initiative NHTQP parce que nous croyons qu’elle principalement  deux vertus. D’une part, elle remet au centre de la scène la classe ouvrière et ses méthodes. D’autre part elle est un outil qui nous permet de penser, de discuter et frapper ensemble dans cette perspective, contre les variantes du réformisme d’aujourd’hui.

Il faut travailler maintenant dans chaque territoire dans la construction et la mise en place des comités pour l’intervention commune et l’expansion de cet espace. Une étape importante en ce sens est le 1 mai, une grande opportunité pour la présentation en public de l’initiative et sa construction.

Mobilisations massives en France – La lutte contre la loi El Khomri se développe et s’approfondit

16 avril 2016

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Après le 9 mars, qui a bouleversé le scénario politique et social français et a été mis dans le centre de la scène la lutte contre la loi El Khomri, nous avons vecu un mois de résistences et de rejet qui, malgré les difficultés, se poursuit et même s’intensifie. Cette réforme fait partie des attaques que le gouvernement d’Hollande mène contre les conditions de vie et les conquêtes des travailleurs et du peuple français depuis son accession en 2012, quand soi-disant il venait « laisser derrière » cinq années de règne de la droite sous Sarkozy. Depuis l’accession du gouvernement « Socialiste » les attaques s’enchaînent l’un après l’autre: l’Accord National Interprofessionnel, la réforme des retraites, le plan Hirsch dans les hôpitaux, sans compter la brutalité des aventures impérialistes en Centrafrique, la Libye et la Syrie, la politique raciste et xénophobe contre les réfugiés ou les inmigrants.

La lutte contre la loi El Khomri a réveillé et unifiée des forces profondes qui étaient « endormies » depuis la défaite de 2010, en plus de « faire converger » d’une série de colèrescontre ce que nous avons décrit: la precarité, des guerres impérialistes, la répression, la xénophobie… Il s’agit du mouvement le plus massif et radical du depuis 2010, quand la lutte contre la réforme des retraites. Dans le même temps, il s’inscrit dans un contexte « national » où des expériences de lutte se sont succédés depuis quelques années, avec un impact important: la lutte contre la fermeture de l’usine de PSA Aulnay, la grève des cheminots de 2014, les mouvements des lycéens contre l’expulsion de Leonarda et Khatchik, la lutte d’Air France sa   célèbre  chemise arrachée, les mobilisations des travailleurs des hôpitaux contre plan Hirsch. C’est à dire que la mobilisation actuelle n’est pas « un coup de tonnerre dans un ciel serein », mais elle s’appuie et démarre à partir d’une série d’experiences menées dans les dérnieres années, malgré la défaite de 2010 et le fait qu’on soit sous un gouvernement  « socialiste ». [1]

En même temps, la lutte se déroule dans le contexte général d’une série de manifestations au niveau européen: que ce soit les grèves générales en Grèce; les indignés, la grève des mineurs et le phénomène des  « marées » (santé, éducation) en Espagne. Même si ces luttes ont été vaincues (par la trahison de Syriza en Grèce et en Espagne par la médiation électorale), elles font partie d’une accumulation historique au niveau continental. C’est une nouvelle page dans le recommencement historique de l’expérience des exploités et des opprimés dans la lutte de classe mondiale. Nous allons essayer de décrire l’état des choses dans un processus qui est encore en vie et que nous, militants du courant Socialisme ou Barbarie, apuyons et à laquelle nous participons avec la perspective du retrait pur et simple de la Loi, pour ouvrir le chemin d’une résistence encore plus poussée et structurée dans la perspective de faire reculer toutes les politiques anti-ouvrières et antipopulaires d’Hollande et de la bourgeoisie.

L’état actuel du mouvement

Grosso modo, il y a trois grands acteurs qui confluent dans les manifestations, qui ont participé à différentes journées de mobilisation et desquels nous voulons rendre compte.

Tout d’abord, l’élément le plus dynamique depuis le début, les étudiants universitaires, qui ont donné le coup d’envoi à la journée du 9 mars et qui sont toujours le moteur des journées nationales de lutte, le plus grand noyau d’activistes et de manifestants au niveau large, et qui ont réussi à imposer aux directions syndicales un calendrier que celles-ci ne voulaient pas et contre lequel elles ont lutté, en plus de contribuer à « l’ébullition » dans d’autres secteurs. Le réflet immédiate dans ce secteur, c’est que la « massification » a trouvé des grosses limites (même si le pari reste ouvert et si, en fait, tout un secteur des étudiants universitaires est organisé en dehors des universités).

Le déclenchement relativement « tardif » du mouvement par rapport à l’année scolaire, la proximité des semaine de révisions, des vacances et examens, l’énorme pression à valider leurs années que subissent des milliers d’étudiants qui vivent à partir d’une bourse misérable ou d’un travail précaire.Cette pression est encore plus forte dans des conditions de chômage à la hausse où le diplôme semble protèger contre celui-ci. Cette combinaison d’éléments semble avoir mis un plafond (relative et pour le moment) aux perspectives d’étendre le mouvement. Au niveau national l’on observe une certaine stagnation et même un reflux « quantitatif », bien que la volonté de poursuivre la lutte est encore très forte.

Dans ce sens, c’est un fait que lé déroulement de la mobilisation jusqu’ici laisse comme acquis –au minimum-  une quantité significative de « militants du mouvement » qui s’organisent dans les comités de mobilisation de la fac, militants qui font leurs premiers pas dans la lutte. Le mouvement étudiant continue pour le momento à fixer le rythme de la mobilisation, au moins en partie, contre le calendrier dilettante et sans perspectives de la bureaucratie syndicale: ce sont les asseemblées des facultés et les coordinations étudiantes qui ont marqué le pas, organisant des actions et des manifestations chaque mardi et jeudi ce qui a permis de garder le mouvement dans la rue et ne pas laisser passer un mois sans rien faire comme c’est la volonté et la tradition de la bureaucratie syndicale.

La création et stabilisation d’organismes d’auto-organisation des étudiantes, hors des appareils syndicaux, est une importante conquête qu’il faut défendre: face à la trahison de l’UNEF, l’existence de la Coordination Nationale Etudiante, qui a réuni ce week-end environ 200 délégués élus lors des assemblées générales des 30 des principales universités du pays, permet de continuer le mouvement et proposer une direction alternative[2].

En plus, cet activisme large qui s’est formé dans les universités a permis d’avoir une incidence sur les autres secteurs: essentiellement les travailleurs et dans une moindre mesure les lycéens (qui ont une dinamique propre). A partir de presque toutes les universités ont été organisées des activités en direction des travailleurs: les différentes « visites » dont nous avons déjà parlé[3] ont continué à se développer et à s’approfondir, axées sur les cheminots qui pourraient être un « fer de lance » mais aussi sur d’autres secteurs comme l’automobile, les dockers, les postiers, les hôpitaux, les travailleurs administratifs des universités. C’est un activisme qui est encore mobilisé et qui garde l’envie de se abttre: le pari est de continuer à l’organiser, à se battre pour qu’il ne se démobilise pas et pour qu’il puisse faire sa « contribution » à la construction de la grève générale dans d’autres secteurs.

Dans ces deux dernières semaines, sont apparus sur la scène les lycéens. Pour le moment, leur mobilisation s’était réduite essentiellement aux lycées de Paris, avec peu d’impact sur la banlieue (nous n’avons pas un reflet clair du reste du pays, où des lycéens sont aussi très mobilisés et a priori de manière plus « diverse » qu’à Paris). Dans ces dernières semaines, les lycées de la banlieue sont entrés en scène avec des méthodes radicales: les blocages des établissements, avec des poubelles brûlées et y compris des affrontements avec la police. Une énorme vague de répression les frappe (et au mouvement plus généralement): il y a eu plus de 100 arrestations dans la région des Hauts-de-Seine ces deux dernières semaines; le mercredi 13, par exemple, onze lycéens de Villeneuve-la-Garenne ont été arrêtés et placés en gade à vue pour « détention de produits incendiaires », « outrage » et « violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique », et un étudiant de l’Université a été placé en garde à vue pendant 24 heures pour « incitation à l’émeute », pour avoir tout simplement apporté son soutien devant un lycée bloqué.

Il s’agit des souvent des lycéens des quartiers populaires, beaucoup d’entre eux des lycées techniques, c’est-à-dire composés de lycéens qui iront travailler directement après avoir fini le lycée. Dans ces secteurs, les statuts comme celuid’apprenti, par lequel les lycéens de 16 ans travaillent au sein des entreprises privées pour « se former » en n’étant payés que 25 % du salaire minimum (SMIC), sont généralisés… C’est donc un secteur qui souffre le plus fortement la précarité de l’emploi. Malgré une exposition aux sanctions ou des pressions des autorités scolaires, souvent sans pouvoir bloquer les lycées ou  « faire grève » (ne pas assister aux cours sans pour autant être pénalisés), ils ont participé activement et à un nombre important dans les mobilisations.

Enfin, il y a les travailleurs qui ont participé de façon plus fragmentée et sans être vraiment à l’avant-garde du processus en ce moment. Ceci est le résultat non pas d’un état d’esprit moins combatif chez les travailleurs (bien que sans aucun doute les « pressions » auxquelles est soumis travailleur sont potentiellement plus grande que celui d’un étudiant), mais des manœuvres et des dilations de la bureaucratie syndicale.

À l’heure actuelle, les principales directions bureaucratiques ont réussi à garder le contrôle de la situation et à gérer la colère de la manière dont ils le font toujours: avec des journées de grève isolées et espacées dans le temps, en fuitant comme la peste la convergence des étudiants et des travailleurs. C’est pour cela qu’il n’y a eu d’appel qu’à une seule  journée de grève générale (celle du 31 Mars) depuis le début du mouvement de la part des directions syndicales, et que la suivante sera un mois après celle-ci, le 28 Avril… La pression et la dynamique du mouvement étudiant ont forcé les confédérations syndicales ou les Unions Régionales ou Départementales à appeler aux journées de mobilisation organisées par la Coordination Etudiante et les organisations de jeunesse, comme celles du 17 et du 24 mars, mais sans les préparer vraiment.

Au-delà de la politique des directions bureaucratiques, la volonté de se battre et la colère chez les travailleurs est palpable. Dans toutes les journées, le 17, 24, 31 mars et 9 avril, la présence  de secteurs de travailleurs a été très importante; la grève du 31  a été très suivie dans l’industrie, les fonctionnaires, les enseignants, les ports, le transport. Dans les « visites », que les étudiants de l’Université de Nanterre avons réalisées à la gare Saint Lazare, nous avons pu voir chez les cheminots l’idée de la nécessité d’une grève générale reconductible, d’arrêter avec les journées saute-mouton.

Une seule journée ne suffira pas, il est le moment de se battre, qu’est-ce qui attendent les syndicats” (c.-à-d. leurs directions): voilà ce qu’exprimaient les cheminots avec lesquels nous avons discuté. A la SNCF, la journée du 9 mars fut la grève la plus importante depuis 15 ans: 70 ou 80 % de grévistes dans les métiers d’éxecution. La colère générale est très importante et de plus en plus de secteurs expriment l’idée que si les syndicats mobilisaient de manière conséquente, la force qu’ils pourraient construire serait suffissante pour battre en brèhele gouvernement et sa réforme. Le 28 avril sera un point important de convergence de  tous les secteurs…

Pour completer ce point sur « L’état du mouvement » nous dirons quelques mots sur le phénomène de la « Nuit Débout », de l’occupation des places, qui a été largement diffusée par la presse nationale et internationale (y compris de manière exagéré). Sans s’y attarder de manière exhaustive (du fait de la portée de cet article et de notre reflet limitée en ce qui concerne le phénomène), nous pouvons dire que celui-ci peut être un point d’appui pour la convergence de divers secteurs, un endroit dans lequel se donnent rendez-vous des centaines ou des milliers de personnes mobilisées tous les jours, y compris les secteurs qui ne sont pas attirés (pour diverses raisons) par les activités menées dans leurs propres lieux d’étude ou de travail , ou qui ne peuvent simplement pas s’organiser  « sur place » (soit parce que ce sont petites unités de travail, par peur ou parce qu’ils subissent déjà la répression patronale, etc)

Ce serait sans aucun doute d’un sectarisme criminel de se fermer à ce processus et de ne pas se donner une politique pour faire avancer cette expression du mouvement dans un sens progressif: encore plus lorsque certains éléments semblent indiquer que tout un secteur veut faire des places un  « quartier général de la lutte », veut aller au-delà, afin d’éviter de  « se renfermer statiquement dans un endroit », en considérant que les places devraient être un lieu où  « les choses commencent mais pas où elles finisent » et d’autres idées de ce type , avec la perspective globale de la grève générale.

Cela signifie, dans le même temps, de lutter contre toutes les tendances qui voudraient faire du mouvement des places une « fin en soi », dont l’unique utilité serait  « d’occuper le space », de  « créer de nouvelles formes de sociabilité » ou d’autres idées de ce type. Encore plus, cela signifie de combattre toutes les tendances électoralistes ou institutionnelles, qui veulent transformer le mouvements des places en un moyen de « faire pression sur les institutions », de « réformer la politique», ou tout simplement de construire un nouveau groupement de la gauche réformiste qui aspire à créer un « Podemos à la française ». C’est une lutte ouverte qui doit être développée.

La politique des directions

Nous voulons nous arrêter maintenant dans le rôle joué aujourd’hui par les directions des différents acteurs du mouvement contre la loi la Khomri. Le plus lamentable et traîtresse (même si ce n’est pas une surprise) est la politique de la direction de  l’UNEF. D’une part, ils agissent pour boycotter l’organisation et la mobilisation, surtout des organisations d’autodétermination démocratique du mouvement comme la Coordination Nationale Etudiante: il est très clair, le débordement de l’UNEF est maintenant un fait, au moins dans une partie des universités et pour la direction social-traîtresse de l’UNEF il s’agit de reprendre le contrôle du mouvement.

Cette politique contre l’auto-organisation fait partie intégrante d’une politique de trahison  « indirecte », qui a déjà été officialisée: la direction de l’UNEF salue toutes mesures annoncées le 11 avril par le gouvernement en direction des jeunes, précisant en même temps que  « la mobilisation contre la loi travail continue », appelant à se mobiliser pour la prochaine fois le… 28 avril! Après de se réunir une  ou plusieurs fois par semaine avec le gouvernement (sans aucun mandat et contre la décision explicite des assemblées des facs qui a été « pas de négociation! »), l’UNEF va essayer de faire passer l’idée que des « grandes victoires » ont été obtenus et essayéra de laisser le mouvement mourir lentement, boycottant et essaiyant de détruire les instances de mobilisation et de base.

La réaction de l’activisme et des courants qui luttons pour massifier et donner un cours ascendant à cette lutte pour avancer dans la convergence et faire reculer gouvernement et les patrons, a été rapide contre la trahison de l’UNEF. Dès le début, nous avons alerté sur le fait que c’était une erreur de négocier des aspects périphériques de la loi ou des améliorations partielles , puisqu’il s’agissait de se battre pour le retrait pur et simple. Dans le même temps, nous nous battons pour développer des organismes de démocratie directe et d’auto-organisation du mouvement, comme les Coordinations Etudiantes. Il s’agit maintenant de se battre pour cette orientation en direction des secteurs plus larges, ce n’est qu’en discutant et en gagnant les étudiantsà un programme cohérent et de lutte, que nous pourrons gagner.

Du côté des syndicats des salariés, la situation n’est pas du tout meilleure. Laissons de côté les traîtres habituels, la CFDT, qui a applaudi les miettes et a enterré le mouvement avant même qu’il ne soit né, soutenant le projet de Loi El Khomri… L’un des principaux problèmes de la situation actuelle est que les directions des confédérations syndicales qui ont appelé à la grève ne donnent pas de continuité et de perspective au mouvement, mais se limitent à des grèves passives et espacées dans le temps. Malgré les énormes réserves de lutte et de combativité, les directions bureaucratiques n’organisent pas la lutte, la massification, la convergence, la grève générale. C’est pourquoi elles n’appelent qu’à un jour de grève par mois contre une telle attaque contre des travailleurs.

Chez les cheminots, l’un des secteurs-clés, nous observons clairement cette stratégie de la bureaucratie. Les cheminots, ou au moins une partie importante d’entre eux,  sont encadrés par une réglémentation du travail interne. Celle-ci doit être discutée dans les deux prochains mois (mai et juin), à partir des propositions de la direction, pour être approuvé à la fin des « négociations ». Dans le contexte des attaques générales de la loi El Khomri, l’accord proposé est, comme il ne pouvait pas en être autrement, un catalogue de régressions sociales sur lequel nous ne pouvons pas nous étendre ici.

La direction de la CGT cheminots, principal syndicat du secteur, refuse d’unifier la lutte des cheminots avec la lutte contre la Loi El Khomri et  de préparer la grève reconductible. Ils affirment qu’ils ont un « calendrier propre », que les cheminots « peuvent gagner tous seuls », que ceux qui défendent la grêve ilimitée « envoyent les cheminots à l’abattoir ». La direction de la CGT cheminots est arrivé au ridicule d’appeler, en plus de la journée de grève nationale du 28 avril à laquelle toutes les confederations appelent, une journée de grêve des cheminots le 26: le petit détail est que le 27 est entre le deux et qu’il serait « très facile » d’organiser une grève de 72 heures qui serait le coup d’envoi de la grève reconductible…

Auto-organisation et convergence des secteurs pour préparer la grève générale

Il est essentiel de penser que face aux démostrations énormes d’énergie et de combativité du mouvement il faut se doter d’une politique pour remporter la victoire et approfondir plus stratégiquement les potentialités de cette expérience. Un programme qui fasse du retrait du projet de loi El Khomri l’axe de lutte de tous les secteurs dans les prochaines semaines, victoire à partir de laquelle dont nous pourrons nous battre ensuite pour le reste des revendications et développer tous les rages que le mouvement rassemble, que ce soit contre les violences policières, contre les guerres, la xénophobie,  la destruction de la planète.

En ce sens, la tâche centrale, la « clè de voute » de la situation, est de préparer et de construire la grève générale illimitée, bloquer économiquement le pays indéfiniment, jusqu’à  faire reculer le gouvernement. Ce n’est une surprise pour personne que si nous permettons que la bureaucratie afaiblisse et démobilise le mouvement avec des actions et des grèves espacés dans le temps, sans perspective et sans continuité, sans organiser des asseemblées de base, sans mettre au centre et à l’avant-garde de la lutte les travailleurs, les énergies s’épuiseront lentement :  c’est le pari  du gouvernement et du patronat.

Un point d’appui à cet égard est, comme nous l’avons dit, l’activisme qui s’est formé et structuré surtout chez les jeunes dans les universités, qui a la volonté de se lier aux secteurs des travailleurs et qui le fait déjà de manière systématique. Même en vacances, pendant les examens, avec les universités « vides », il est possible et nécesssaire de mettre en marche l’activisme qui s’est forgé et se battre pour qu’il aide à construire la grève générale. Les dizaines ou les centaines de comités de grève ou de mobilisation dans les universités, dans les lycées, dans les quartiers, qui organisent des milliers ou des dizaines de milliers, doivent continuer à contribuer à la massification du mouvement, mais aussi à la convergence avec d’autres secteurs, car des dizaines de milliers organisés au niveau national avec un objectif précis, la construction de la grève générale, sont un élément de poids dans la situation.

Les universités ont été un centre de convergence des secteurs en lutte[4]: dans le cas de Nanterre, les assemblées d’étudiants ont impulsé l’appel à plusieurs assemblées générales interprofessionnelles depuis le début de la lutte. Cette politique permet de se doter d’un espace de discussion et d’organisation qui rassemble tous les secteurs et renforce sa convergence: les cheminots, les travailleurs des hôpitaux, les employés des administrations étatiques et territoriales, des enseignants et des personnels de l’Université, postiers, tous ceux avec qui nous nous sommes liés et avec qui nous avons milité pour approfondir la lutte, peuvent s’organiser dans cet espace pour coordonner la bagarre et sa continuité. Des activités telles que des tractages et des discussions à la gare Saint Lazare, à PSA Poissy, à La Poste, au Centre d’Accueil et de Soins Hospitaliers de Nanterre, ont été réalisés avec cette perspective, impulsées la   par le Comité de Mobilisation de l’Université, dont nous faisons partie.

En même temps, cette perspective s’appuie sur les secteurs combatifs et anti-bureaucratiques qui existent dans les différents secteurs et qui luttent au jour le jour pour construire des organes d’auto-organisation et préparer la grève générale. À la gare Saint Lazare, ainsi que dans la plupart des grandes gares parisiennes, il y a des « Comités de Mobilisation » qui se réunissent, unifiant travailleurs syndiqués et non syndiqués, avec un « contrat stable » et contractuels, afin d’organiser la lutte indépendamment de la bureaucratie syndicale et construire la grève reconductible. Ces comités s’organisent aussi (même si le travail est encore initial) au niveau de la région parisienne. Les travailleurs des hôpitaux, par exemple, se sont appuyés sur le phénomène de l’occupation des places pour aller Place de la République et la rendre le « quartier général de la lutte » : un appel « Hopital Debout » a circulé et ils se réunissent depuis quelques hours à la Place de la République dans l’après-midi. Partout aparaissent des organismes de base pour préparer la grève, et la convergence entre cette implantation  et activité quotidienne et l’impact et l’énergie de la jeunesse peut être explossive…

Les militants révolutionnaires peuvent jouer un rôle central dans cette lutte. Le NPA a défendu l’auto-organisation, la convergence des différents secteurs, la construction de la grève illimitée. Sa présence dans le mouvement étudiant, dans les quartiers, dans des secteurs des travailleurs, doit permettre de frapper ensemble avec cette orientation, afin de déborder la bureaucratie syndicale et de construire un affrontement généralisée contre le gouvernement. En ce sens, le NPA doit avancer dans l’élaboration d’une orientation globale et se doter de tous les outils nécessaires pour la porter collectivement, afin de combattre toutes les tendances bureaucratiques dans le mouvement, la dispersion, la fragmentation et la démoralisation, en s’appuyant et en développent tous les éléments progressistes, d’un potentiel énorme, qui existent dans le mouvement actuel.

Retrait de la Loi El Khomri!

Pour l’auto-organización des éstudiants, lycéens et travailleurs!

Pour la convergence de tous les secteurs en lutte!

Dans le chemin de la grève générale reconductible!

___________________

[1] Circonstances qui expliquent en partie pourquoi ces luttes ont été fragmentaires, isolées et minoritaires, cela sans compter la politique perfide des directions syndicales dans chacune de ces batailles. Cependant, la vague de sympathie atuour de la « chemise arrachée » d’Air France présagait déjà un changement dans l’état d’esprit global…

[2] Pour garder la proportion des choses et les pieds sur terre, il faut souligner que l’UNEF et l’UEC ont décidé de boycotter la dernière Coordination Nationale Etudiante qui s’est réunie le 9-10 Avril à Nanterre, après avoir perdu les principales votes (porte-paroles élus et révocables par le mouvement, réalisation d’une CNE chaque week-end ; ce à quoi l’UNEF et l’UEC s’opposaient) dans la CNE du 2-3 Avril à Rennes. Comme résultat de ceci, le nombre d’universités représentées est descendu de 80 à 30 (là où l’UNEF ou l’UEC sont majoritaires, il n’y a pas eu de délégués élus pour la CNE), bien que la plupart des universités les plus mobilisées ont été représentées : toutes les facs de la Région Parisienne, Lyon, Toulouse, Rennes, Strasbourg et bien d’autres…

[3] Quand les étudiants se rapprochent des travailleurs, disponible sur :  http://www.socialismo-o-barbarie.org/?p=7600

[4] Il s’agit d’un rôle que, seulement en partie et comme résultat d’une bataille politique qui n’est pas encore gagnée et que nous devrons approfondir, pourrait commencer à jouer le « mouvement des places », si celui-ci se développe dans un sens progressif. Nous ne pouvons pas nous étendre ici sur ce sujet.

Quand les étudiants se rapprochent des travailleurs

13 avril 2016

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Cet article a été écrit le 17 Mars, lorsque le mouvement faisait ces premiers pas, pour l’hebdomadaire du Nuevo MAS (Nouveau Mouvement vers le Socialisme) de l’Argentine [1]. La surcharge d’activité militante nous a empêché de faire la traduction plutôt, et il est donc publié après une suite d’événements très riche. Nous considérons quand même que malgré son « vieillissement » il reflète une tendance importante du mouvement, qui a continué à se développer et à renforcer et dans laquelle nous nous investissons toujours. Un article plus de fond sur la situation et la stratégie dans le mouvement suivra bientôt.

Ma chère Paris m’a reçue de mon retour de Buenos Aires de la meilleure manière possible : avec un grand processus de mobilisation sociale en construction. Le point de départ a été l’annonce de la réforme de travail El Khomri qui implique un changement global et profond de la relation entre les travailleurs et les patrons. Avec l’enterrement du Code du Travail en imposant la suprématie des « accords par entreprise », le gouvernement   prétend retourner à l’atomisation des travailleurs et à une relation de subordination que la lutte de la classe ouvrière a su enterrer il y a presque deux siècles. Cette attaque sans précédent a réveillé une force et une accumulation qui restait endormie entre la jeunesse et la classe ouvrière depuis au moins la défaite de 2010, quand la lutte contre la réforme de retraites…

Il ne s’agit pas d’annoncer la victoire quand on n’est qu’au début de la lutte : une mobilisation générale, des étudiants universitaires, secondaires, de travailleurs avec et sans emploi est encore une perspective en construction. Rien ne garantit la victoire et nos ennemis sont forts et habiles : le gouvernement a déjà annoncé l’abandon des points les plus contestés de la loi et les bureaucrates de la CFDT applaudissent ces miettes comme une « victoire », dans le but d’éclater la mobilisation.  La blague est déjà populaire : le jour où le gouvernement rétablira l’esclavage, la CFDT va négocier le poids des chaînes…

Mais si rien n’est gagné d’avance, si le processus a des éléments de « potentialité » ou de pari, le plus significatif  est peut-être justement ceci : que pour la première fois depuis la défaite de 2010, nous pouvons faire un pari, nous pouvons nous enthousiasmer et enthousiasmer autour de nous avec la perspective d’une victoire. Depuis 2010, les travailleurs, les jeunes, les chômeurs, les femmes souffrons une série d’attaques sans précédents, nous souffrons une dégradation de nos vies, nous voyons de manière presqu’impassible comment le monde se dirige de plus en plus vers l’abîme, avec son cocktail dégoutant de guerres, de déplacements forcés de millions de personnes qui meurent aux portes  de l’Europe, de crise économique, climatique, humanitaire. Depuis 2010, nous ne faisons que subir, que subir attaque après attaque, coup après coup, humiliation après humiliation, cauchemar après cauchemar…

Mais à partir de l’énième,  ou du millionième attaque du gouvernement et des patrons, toute cette colère que nous avons cumulé pendant des années ressort à la surface, elle se transforme en discussion, en organisation, en énergie créative, en perspective. Ce texte n’a pas vocation à être une analyse de la loi travail, de la situation politique ouverte, avec ses possibilités  et limites, de la tactique, de l’orientation et de la stratégie pour gagner la lutte. Il s’agit simplement d’exprimer, à cœur ouvert et avec les tripes (même si le résultat est un mélange de politique et poésie de basse qualité), l’expérience énorme et les enseignements qu’un un tel processus de mobilisation a déjà laissé dans des secteurs de plus en plus vastes (pour le moment dans un secteur réduit, pour rester sur  terre, bien que ce secteur puisse être le début d’une boule de neige ou les semences du prochain round de la lutte des classes). Il s’agit de mettre sur le papier quelques notes de ce qui arrive quand les travailleurs, les jeunes, les femmes, tous les exploités et opprimés  lèvent la tête. Quand  nous commençons  à avoir conscience du fait qu’il y a en jeu un truc énorme, que nous avons une occasion de mettre une énorme claque au gouvernement et aux patrons. Quand les jeunes étudiants vont parler avec les travailleurs de base pour leur transmettre la combativité que nous construisons et les travailleurs viennent voir les étudiants avec le même objectif, celui de construire la convergence de des différentes luttes, et celui d’unir  notre classe social, celle des exploités et opprimés, contre nos ennemis de classe. Quand l’idée et la perspective de la grève générale reconductible commence à sonner de plus en plus dans les  têtes.

En fin, ce qui arrive quand des secteurs de plus en plus vastes des  exploités et opprimés  ont  se bagarrent pour prendre dans leurs mains leur propre destin.

Le 9 mars  fait sauter dans l’air la tactique passive de la bureaucratie

L’ « étincelle » du processus actuel est sans aucun doute la mobilisation massive du 9 mars. Comme d’habitude, les organisations syndicales traditionnelles cherchaient à refroidir le mouvement: la première date de mobilisation, face à l’attaque, était prévue pour le… 31 mars ! Toutefois, la brutalité de l’attaque et la colère accumulée ont provoqué des éléments plus spontanés et d’autres plus structurels. D’une part, une série d’éléments, pour dire les choses rapidement, de la « la génération 2.0 » : une pétition sur internet qui a réuni plus de 500.000 signatures dans l’espace de quelques jours, divers « événements Facebook » qu’appelaient à une mobilisation (et même à une grève !) générale pour le 9 mars, une série de vidéos réalisées par un groupe de « youtubers « de gauche autour du hashtag #onvautmieuxqueça. D’autre part, une réunion d’organisations politiques et syndicales de jeunesse [1] qui a repris l’idée d’appeler à la mobilisation le 9 mars, en appelant à une mobilisation nationale.  Des assemblées générales ont commencé à être organisées dans les universités pour préparer la journée du 9 : 700 étudiants dans la faculté de Toulouse, 800 à Paris 8-Saint Denis, 400 à Paris 1- le Sorbonne, 300 à Paris 10-Nanterre. Tout ce développement a commencé à monter la vapeur autour du projet de réforme de travail, et il a obligé quelques confédérations syndicales comme la CGT ou Solidaires à appeler aussi à la journée de mobilisation (mais ils n’ont pas appelé à la grève !), bien qu’en essayant dès le début de diviser. À Paris, l’appel qui avait largement circulé appelait à concentrer la Place de la République à 13h30, la CGT a décidé d’appeler à se rassembler dans un autre lieu à 11h…

Finalement, la journée a été un succès total : plus de 500.000 personnes dans tout le pays, plus de 100.000 à Paris. Il s’agit de la mobilisation la plus grande depuis que le gouvernement « socialiste » d’Hollande est au pouvoir.   Il y avait une importante composition juvénile, mais aussi de travailleurs, de chômeurs. Beaucoup de travailleurs ont décidé de prendre un jour « de repos » ou « de congés », pour pouvoir « se mettre en grève de manière indirecte » et  participer à la mobilisation, puisqu’aucune confédération syndicale n’appelait à la grève le 9. L’atmosphère a été combative, dynamique, avec la jeunesse comme moteur mais avec une certaine représentativité d’autres secteurs. On a senti dans l’air que quelque chose avait changé…

Et en effet, quelque chose avait changé. Du calendrier sans grandes vagues de la bureaucratie,  qui avait la volonté de réaliser une mobilisation presque symbolique le 31 mars, on est passée à une situation dont le rythme dépend en grande partie des secteurs les plus dynamiques, des étudiants, et de l’impact que leur mobilisation peut avoir sur d’autres secteurs. Après le 9, on a décidé la réalisation d’une journée de mobilisations le 17, une autre le 24, une autre le 31 qui devrait être non pas la fin mais le début d’une lutte générale, de la grève générale reconductible… Si la journée du 9 a changé d’une telle manière le calendrier, les rythmes et d’une manière générale l’état d’esprit à une large échelle, c’est parce qu’il s’est agi d’une journée qui a objectivement échappé aux grands appareils, qu’a eu des éléments d’explosion, d’auto-organisation, qui a permis de rompre avec la normalité. Depuis le 9, beaucoup de choses ont profondément changé…

Quand le cours « normal » des choses change sa direction

Ma première implication dans le mouvement a été la participation dans le comité de mobilisation de l’Université de Nanterre, vendredi 11. Pour préparer le 9 mars, on a réalisé une assemblée générale à l’université, qui a décidé la mise en place d’un « Comité de Mobilisation », et puis il y a eu un départ collectif en manif. Le comité, ouvert à tous les étudiants, composé de étudiants organisés politiquement et syndicalement et de non organisés, est le cadre qui réunit tout l’activisme, qui décide de l’activité concrète du jour le jour, qui organise les Assemblées Générales, cadre où l’on vote les orientations et les actions que le comité se charge d’appliquer.

Dans le comité, nous (quelques 70 étudiants)  discutons l’écriture d’un tract pour étendre la mobilisation, la réalisation d’interventions dans les cours, la création d’une page Facebook de la mobilisation, entre autres choses. Il s’agit d’une nouvelle génération qui forge ses premières armes dans la lutte et dans l’organisation. Un important point de discussion a été la création « d’une Commission de Convergence avec les Travailleurs », qui discute et organise des activités pour  diriger l’énergie qui née est parmi les étudiants vers les secteurs ouvriers de la région, pour leur expliquer notre lutte et les inviter à lutter  ensemble. Nous sommes convaincus que la seule manière de faire reculer le gouvernement est de bloquer l’économie et le pays, en mettant en mouvement les secteurs clé de la classe travailleuse…

Lundi, alors, mon réveil sonne à 5am, nous nous donnons rendez-vous avec des étudiants de l’université dans une station de métro, pour aller discuter avec de postiers; nous avons des liens avec des travailleurs et des dirigeants syndicaux du secteur qui organisent l’activité avec nous. Les travailleurs nous reçoivent chalereusement,  les mains se serrent, nous parlons du froid glacial de la matinée. Après quelques minutes pour rassembler tout le monde, les postiers cessent le travail et s’approchent pour nous écouter. Nous expliquons que nous sommes mobilisés à l’université, que nous exigeons le retrait pur et simple de la Loi El Khomri, que nous nous battons pour notre futur et pour notre présent, car la majorité d’étudiants enchaînent des bulots précaires pour financer leurs études. Nous expliquons que nous ne pourrons pas gagner tous seuls, que si nous venons à 6h du matin les visiter c’est pour les inviter à s’organiser, à se mobiliser, à faire la grève et venir aux manifestations,  à construire la convergence avec nous. Nous disons finalement quelque chose qui paraît évident, mais qui seulement maintenant, dans ce type de « rencontres peu probables » dévient concret : que nous sommes tous dans la même situation, que nous avons les mêmes intérêts et les mêmes ennemis, que nous avons une opportunité de faire payer au gouvernement et aux patrons toutes les merdes que ils nous ont infligé les dernières années. Nous sentons que les travailleurs nous écoutent, qu’ils sont d’accord avec ce que nous disons, qu’ils sont heureux que nous soyons là…

Après notre intervention, les dirigeants syndicaux des postiers parlent. Pendant que le camarade intervient, une petite « visite » agite la situation : six policiers, un d’eux armé d’un Flashball, arrivent. La police se présente en expliquant qu’ils ont reçu un appel notifiant la présence « d’éléments extérieurs au centre » et que nous devons partir. Jusqu’là, rien surprenant : les entreprises privées sont le fief du patron, qui impose sa dictature et qui décide qui a le droit d’entrer et de sortir de la boîte. Ce qui est surprenant, c’est que les travailleurs se sont automatiquement interposés entre les flics et nous, ils ont défendu notre droit de venir leur parler, ils ont menacé de se déclarer en grève immédiatement si la police ne partait pas. Finalement, les six cowboys que sont venus nous intimider sont repartir la tête basse, chassés par des cris de «  Résistance ! » des étudiants et des travailleurs. Nous avons pu ensuite terminer notre échange autour des perspectives, entre nous, salariés et étudiants, membres d’une même classe, puis les postiers nous ont accompagnées jusqu’à la sortie, pour empêcher que « un policier ne songe toucher même pas un cheveux d’un étudiant » dans le centre de courriers. Nous rentrons à l’université avec une énergie énorme, avec la certitude d’avoir vécu une expérience qu’on ne vit pas tous les jours, d’être en train de faire un pari historique. Nous décidons rapidement de nous repartir entre les différents TDs pour pouvoir partager cette expérience avec le maximum possible d’étudiants, pour intervenir dans le maximum de cours. Les yeux des étudiants brillaient quand nous leurs racontions comment les postiers , les étudiants, tous ensemble nous avions pu expulser les flics d’un centre de travail, en défense de notre unité, de notre droit de discuter , de nous organiser et de nous battre ensemble. Les yeux des étudiants brillaient autant ou plus que nos yeux ont brillé quand nous avons entendu les travailleurs crier «  Résistance ! Résistance ! », jusqu’à nous fondre dans un seul poing.

Le jour suivant, une assemblée de 500 personnes discute sur la réforme de la loi travail : « Ni amendable ni négociable, retrait total ! ». On vote le retrait total, un calendrier de mobilisations : 17 mars, 24 mars, 31 mars. On vote la grève étudiante (qui est encore loin d’être une réalité…) pour la journée du 17 mars ; on vote aussi la réalisation de « barrages filtrants » (sorte de « piquets de grève »), pour discuter avec l’ensemble des étudiants sur les objectifs et les perspectives du mouvement. À la fin de l’assemblée, un groupe de 40 étudiants se prépare pour l’action suivante en direction des travailleurs : cette fois-ci nous choisissons d’aller à Saint Lazare, une des principales gares ferroviaires de Paris, qui « nourrit » toute la zone ouest du Grand Paris. Nous arrivons à la gare mégaphone en main et en chantant pour l’unité de tous les secteurs : « Lycéens, étudiants, chômeurs et salariés/ C’est tous ensemble qu’il faut lutter/ Car c’est tous ensemble qu’on va gagner ! ».  les cheminots  nous reçoivent , ils ont organisé pour nous un petit « tour » par la gare pour que nous nous adressions directement aux travailleurs de base : le 9 mars,  les cheminots ont fait la grève la plus suivi des dix dernières années, contre une réforme de leur « Code du Travail interne » qui va dans le même sens régressif que la Réforme El Khomri contre laquelle nous nous mobilisons.

Depuis, quelque chose change dans l’atmosphère. Nous parcourons la gare, de trois étages et de 24 quais, en chantant et en agitant avec le mégaphone, en entrant aux différents services, en parlant avec les travailleurs, en leur donnant le tract que nous avons écrit dans le comité de mobilisation, en les invitant à venir le 17, le 24, le 31, à construire une lutte générale contre les attaques que nous subissons. Si les cheminots font une vraie grève, le pays entier est bloqué… Il s’agit d’un pari difficile : la CGT, syndicat majoritaire dans le secteur, s’oppose à la réforme El Khomri au niveau national, mais elle refuse de construire la grève indéfinie à partir du 31, elle veut seulement une journée de grève isolée.  Nous ne pouvons rien attendre des directions bureaucratiques, il faut construire l’auto-organisation des travailleurs. Notre comité de mobilisation qui se réunit quotidiennement et discute et organise tout, « un proto comité de grève » étudiant, leur servira peut-être d’inspiration… Quoi qu’il en soit, les cheminots nous remercient pour la visite, nous  réaffirment que nous devons nous battre tous ensemble, que nous pouvons gagner face au gouvernement. Nous nous donnons rendez-vous pour jeudi 17, pour faire un cortège commun entre les étudiants de Nanterre et les cheminots de Saint Lazare…

Notre dernière activité de la semaine se déroule dans l’usine de PSA (Peugeot-Citroen) de Poissy, la plus grande usine du groupe en France : quatre mille ouvriers. A cette occassion, nous sommes une trentaine d’étudiants , nous nous donnons rencart à la fac pour aller tous ensemble à l’usine qui se trouve à quelque vingt kilomètres. Dans une des portes de l’usine (qui occupe « seulement » 200 hectares, 2 kilomètres par 2 kilomètres), un groupe de 15 ouvriers de la CGT nous attend pour effectuer l’action conjointe. Pendant une heure, nous profitons du changement d’équipe pour agiter, pour parler avec les ouvriers, pour tracter : tout le monde saisit le tract, nous distribuons plus de 2000… L’organisation de l’activité a un objectif bien clair : la CGT-Métallurgique a appelé à la grève le 9 mars, 200 ouvriers de l’usine de Poissy ont pris part à la manifestation et la CGT-Métallurgie appelle à nouveau à la grève le 17 et à la mobilisation ; il s’agit précisément de s’adresser aux ouvriers directement pour réchauffer les moteurs vers la journée de demain. L’accueil est très bon : «Ceci nous touche tous », « on se voit demain dans la manif ». Pendant ce tractage, un ouvrier qui a été récemment muté à Poissy après avoir passé 24 années à l’usine d’Aulnay, fermée il y a deux ans malgré la lutte héroïque des travailleurs, nous raconte anecdote militante après anecdote histoire militante : les luttes contre les petits contremaîtres et les chefs de secteur, la lutte contre la bureaucratie dans les syndicats, les expressions de solidarité ouvrière. Je regarde l’accumulation historique de notre classe en chaire et en os, je me rend compte de la chance que j’ai de vivre un processus de mobilisation qui me met en contact avec cette richesse militante énorme. Le camarade a deux pines dans son blouson : « Tous ensemble contre la fermeture de PSA-Aulnay » et « Nous nous battrons comme des lions– PSA-Aulnay » ; je lui dit que j’ai les mêmes chez moi, que je les ai acheté il y a deux ans lors des manifs des salariés d’Aulnay, après avoir dormi 4 ou 5 heures par jour depuis lundi dernier cela ne m’a  passé par la tête de les apporter, quel con. « Depuis la bagarre d’Aulnay je les porte toujours  » ; c’est clair, comment pourrait-il laisser de côté 24 années d’organisation, de lutte, de résistance, concentrés dans ces deux pines accrochées à un blouson… « Merci d’être venus, vous revenez quand vous voulez, nous nous retrouvons demain et à la prochaine », nous disent les compagnons de la CGT tandis que nous prenons à nouveau le train pour rentrer à la fac.

Dans la fac, comme partout, les choses changent. Les étudiants distribuent des tracts, peignent des drapeaux, affiches, débattent. Pour le moment nous sommes quelques des dizaines, demain nous serons encore plus nombreux, ce qui il est clair est qu’on forge une nouvelle génération activiste, militante, combative, qui n’est pas « méfiante » quand il s’agit d’aller voir les travailleurs parce que nous vivons chaque jour l’exploitation, l’instabilité et le manque de perspective auxquels nous soumet ce système. Mes yeux se ferment, j’arrête, demain j’ai une longue journée . Malgré la fatigue, nous serons demain là très tôt, mégaphone en main, tract en main, pour essayer de dialoguer avec des milliers d’étudiants de la nécessité d’organiser,  de se mobiliser, de discuter, de se former, de converger avec les travailleurs, de construire la grève générale pour stopper le gouvernement et les patrons, pour avoir notre revanche. Nous avons un important défi : il faut essayer de débrayer les cours, mettre en place un grand cortège de la fac, converger avec les cheminots,  nous serons des milliers dans les rues pour donner suite au 9 et préparer les prochaines mobilisations qui s’approchent déjà. Mes yeux se ferment mais c’est pas grave, j’ai encore plein d’énergie et la joie de savoir que je vis un moment où les choses commencent à changer, que je dois profiter à fond pour vivre ce que l’on vit rarement : la possibilité d’essayer de prendre, par une fois, notre destin dans nos mains.

__________________

[1] L’article original, en espagnol, peut être consulté sur : http://www.socialismo-o-barbarie.org/?p=7417

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